Tas de mots n°12

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Photo de couverture – Morgan Riet

 

Au sommaire de ce n° de printemps garanti 100% pluie… de mots :

 
Jacques Allemand
Cédric Bernard
Olivier Billotet
Daniel Birnbaum
Carole Bruna
Jean-Marie Cador
Meg Campbell
Jacques Ceaux
Daniel Collin
Guillaume Decourt
Mokhtar El Amraoui
Fabrice Farre
Chantal Godé-Victor
Denis Hirson
Ludovic Joce
Perrin Langda
Olivier Le Lohé
Alain Leylavergne
Marilyse Leroux
Vincent Motard-Avargues
Jean-Jacques Nuel
Assia Ouehbi
Lydia Padellec
Morgan Riet
Guillaume Siaudeau
Carlos Tronco
et Sanda Voïca

 

Un tout petit bout de ce tas :

Mes désirs au Net,
Je vous aime, je vous écris et je vous parle.
Assis, désincarné,
J’entreprends de fabuleux voyages,
Au bout du monde
Ou
Au supermarché du coin.
En élans de la Toile,
Je partage, j’échange, j’ose,
Je convoque,
Je m’éclate
Aux quatre vents de mes attouchements.
Vous ne m’importunez pas,
Vous ne me pesez guère :
Je suis dieu,
Qui vous efface d’un doigt distrait
Si je ne peux
Plus vous sentir.

;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;Daniel Collin.

 

 

Les tas de mots
27, rue de la Fosse-Frandemiche
14330 Le Molay-Littry

5 € l’exemplaire – 15 € pour l’abonnement

Pour les envois de textes (5 à 10 maxi) : morganriet@live.fr

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Domaine

Londres 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo de David Lemaresquier

 

Au jeu de la pierre
et des fuseaux,
du mouvement, vice
,,,,,,,,,versa,
aucun ne vainc
ni ne régnera.

Regarde,
entends,
dans le lointain,
,,,,,,,,,rugir
leurs tas de poudres
au vent.

 

Ce poème et cette photo figureront seulement dans le tiré à part du recueil "Quelque chose" qui paraîtra à l’occasion du Salon du livre de Caen, le 25 et 26 mai prochain.

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Thierry Le Pennec

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Thierry Le PennecJour de marché – 26p – 6€ – Ed. Le chat qui tousse

Un extrait :

eh dites

"tu écris toujours ? me demande-t-elle au stand
mitoyen sa vendeuse est partie en vacances
_oui, je réponds finissant d’agencer
en façade une caisse ça commence
à peine_et qu’est-ce qui t’inspire ?
je ne sais trop que dire enfin montrant l’allée
la place balayées par le vent montant
du sud ce matin les gens :
_ça".

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Scènes coupées après montage

Six heures du matin.
Le chant des oiseaux
pour clairon -
ç’aurait pu être pire.

Six heures.
Ciseaux de brume
dans un film obscur
dont la fin
de nuit ;;;;;;;;;;;;;aura été longue :

une traversée d’apories,
une course d’escargots,
un opéra sans air,
un crachin normand,
une homélie,
un péplum,
un rêve
de…

mais ç’aurait pu être pire.

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Printemps

Le 12 avril dernier, j’ai rencontré, dans le cadre du Printemps de Durcet (orne), des enfants de l’école maternelle de Bellou en Houlme. Avec l’une des classes (moyenne section/grande section), nous avons  travaillé sur le thème… du printemps. Je suis donc venu avec quelques haïkus dans mes poches :

Sur le bout de mon doigt
une coccinelle -
le printemps me chatouille.

Le soleil sourit,
les primevères aussi
aux herbes des prés.

J’ouvre la fenêtre.
Une hirondelle passe -
chaleur dans ma tête.

… et voici celui que nous avons écrit ensemble en fin de séance :

Dans l’herbe tondue,
assis sur la balançoire,
le bonheur me pousse.

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Vieil enfant

Quand même !

aurait pu nous prévenir
que cela passerait
aussi
vif.

Quand même !

aurait pu nous prévenir
qu’après chaque
croix, cahot, calvaire,
tournure de phase,

les mêmes

questions
viendraient se pendre
à nos lèvres,
avec des points d’insurrection.

Quand même,

orée,
horizon
auraient pu ne pas
et nous, point

les brandir.

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D’une baignoire l’autre

D'une baignoire l'autre - Hervé Gouzerh

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’une des Illustrations de Hervé Gouzerh pour le recueil Vu de l’intérieur à paraître aux Editions Donner à voir

 

 

Bain chaud,
bon bain chaud !
Je surfe
sur une vague
de temps dilaté,
je me savonne,
je bulle,
j’appareille – pores
exaltés,
;;;;;;;;;;;;sous l’empire
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;des effluves
de mon gel douche à la noix de coco
très bon marché –
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;et je pense,
à l’instant même
où je ponds ce poème,

au regretté Cloclo

et surtout

à cette ampoule,
seul témoin à décharge
de ce qui fut sans doute
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;son meilleur show.

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Ecriture

Ecriture

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo de David Lemaresquier qui accompagnera le poème ci-dessous dans un recueil à paraître, en mai 2013, aux Editions des Tas de mots

 

 

En italique
les arbres.
En syllabes
tourbillonnantes.

Le vent
écrit.
Le vent
te pousse

à délier plus avant
………………………………ton souffle
pour déchiffrer
ce dont tu ignores la langue -

la feuille
en marche,
la vie,
ce vent.

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Ouverture

Ouverture

Photo de David Lemaresquier

Mare quelconque
ou feuille
baignée de nuages,

je ne choisis pas.

J’épouse
en blocs
d’arbres, d’eau,
de terre
et de vent,

toutes les traces
dépourvues de sens
unique.

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Anne-Lise Blanchard

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Anne Lise-BlanchardUn jour après l’autreéd. Henry – 62p – 6€

 

Quelques extraits :

S’égarer dans la solitude comme dans un labyrinthe. N’en plus pouvoir sortir, jusqu’à oppression. La peau s’affine, s’étire. Dessèchement. Poussière. Regarder – on est à l’extérieur de soi – s’écrouler les parcelles de soi : joie, légèreté, amour, rire, oubli, alliance de coeur. La liberté de s’envoler et de se poser, la liberté du don, toutes choses concassées, devenues grès, sable monotone.

*

L’enfant marche les yeux fermés. Elle hume le vent, lui donne des couleurs. Les yeux fermés, le vent n’a plus de secret, il est caresse. Le vent glisse sur les paupières de l’enfant. Il lui raconte des chevauchées vécues ailleurs, lui chante des chants entendus dans une autre vie. De cela elle en est sûre.

Le vent bruisse des mots de tous les pays. Il lui apporte la mer et ses coquillages. Il lui apporte la chaleur du chocolat du soir quand elle était plus petite. Veut-elle encore ouvrir les yeux ?

*

La jeune fille se sourit à elle-même, de ce sourire qui avance le menton et plisse les yeux. Elle prend le temps, arrondit le geste, polit ses mots. Elle l’imagine la regardant se mouvoir, le temps d’un brossage devant la glace, le temps de choisir un foulard, le temps de se tenir de profil pour vérifier la courbe des seins, le temps de.

Dehors le ciel sourit de toute sa rosée, une légère poudre gagne le paysage. La lumière bruit. La lumière bruit et traverse l’arceau clair de son corps.

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