Tissage

Le long d’une plinthe

une araignée au galop -

le soir file avec.

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Clarté

Bruine, ce matin /

rires fleuves des enfants -

La joie m’éclabousse.

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Pierre Présumey

 

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Un pas à la fois -Livret n°42 – 6 € port compris – pré#carré éditeur

 

Livret sobre à l’image des mots qui le composent. Je ne connaissais pas l’écriture de Pierre Présumey. Du moins, je n’avais entendu ses mots, jusqu’à présent, qu’à travers la voix de Hervé Bougel* que l’on peut entendre ici . Ce petit livret confirme donc la bonne impression que j’avais eue alors. On entre comme à pas feutrés dans cette poésie où le quotidien côtoie le souvenir, le rêve, la nature. D’un poème à l’autre, on avance tranquille, au rythme parfois d’un alexandrin ou plus ample. Le regard de notre poète s’arrête, se pose, sensible, avec lenteur et justesse, sur les choses ou en lui-même. Et c’est tout un monde qui s’ouvre alors à notre imaginaire. Un poème pour vous donner envie sans doute d’aller « un pas à la fois » et plus loin aux côtés de Pierre :

 
Deux bâtons dans la fourmilière

« De loin c’est quelque chose, et de près ce n’est rien. »
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;La Fontaine

Les enfants sans doute – ou qui d’autre ? -
Ont planté deux branches de sapin
Dans la grosse fourmilière.
Images :
Deux cigarettes russes dans une boule de glace (non !),
Deux cornes d’escargot (non),
Sortant juste de la coquille (mieux),
Deux banderilles sur le dos d’un taureaux (mieux encore),
Deux coups d’épée sur le garrot de la bête (voilà).
Mais cela c’était d’assez loin,
En avançant sur le chemin.
De près je m’aperçois que les fourmis,
Courant tout le long du bois,
Ont fait des branches deux galeries
Pour aller du dedans jusqu’à l’air.
Elles ont cicatrisé les deux blessures,
Réduit la méchante incongruité.
Faire de même.

 

 

*poète et animateur des éditions pré#carré

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Parallèle

Cousin écrasé,

feuilles, mégot, tout pareil -

brûlure d’automne.

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Griserie

Vent glacé d’octobre

à décorner escargots -

Troupeau vif du ciel.

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Ce qui reste (bis)

Ce qui reste

 

 

 

 

 

La revue en ligne « Ce qui reste »,  animée par Vincent Motard-Avargues, m’accueille de nouveau.

Si vous avez le temps, c’est par ici que ça se passe !

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Veille

A jour,
à nuit,
elle me perce.

Elle sait par coeur
mon regard qui oscille
d’un extrême
;;;;;;;;;;;;;;;;;à l’autre,
comme un pendu-
le au bout
de sa discordance.

Le jour,
la nuit,
elle me berce

invariablement d’un je
t’aime
;;;;;;;;à l’autre,
hypnotique, et sans trêve

me gracie.

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Jérôme Pergolesi

 

Couverture Le peuple des yeux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

90 p – 10 € – TheBookEdition

 

Quelques extraits :

L’aube s’émiette sur la terrasse
en pente le café n’est pas bon mais
il me sourit le reflet dans le bol
jaune qui cherche encore et sort
de l’espace entre mes mains
le parfum qui te suit

je mets un sucre un événement
le regard fond nettoie l’aigreur
de l’automne ne veut pas disparaître
vraiment je te bois nuage je te vois
nue comme du lait

La maison est dans ma tête bancale
elle vit de son manège comme
l’enfant sur son cheval il est loin
l’horizon mais le cœur au galop

*

C’est dimanche dans mon cœur, depuis trois jours
et ça fait long. Tout somnole, le regard, le langage,
l’écorce du jour derrière ta silhouette. Tu es mon
ombre chinoise et le son des cloches passe sur toi.
C’est dimanche dans ma tête, et ça fait du bruit.
Rien de sonore ou pas grand-chose. Le bruit des
images, celui qui brouille, crée l’épaisseur, tombe
en flocon derrière la vitre. Le temps est sombre et
le teint pâle, tu me parles de printemps qui ne m’at-
teignent pas. Pas encore. Le jour chemine comme
un chasse neige, celle qui mange la lumière des
phares. Un coup de ciel entre deux gris, et l’espoir
remet le temps à sa place : Entre tes bras, diman-
che passe.

*

Il s’essaie
agitant les syllabes
dans tous les sens
qu’elles produisent

Une lettre
à un cheval mort
une autre à un ami

Il entend sa voix
dans sa tête
fermée

joue du coude
pour repousser
les limites

en vain

*

Je mets un disque
n’aime pas porter
l’absence

La lumière poursuit
le chaos des allées
et venues
les portes disent
pourquoi à chaque
claquement

C’est de la folk
ça s’écoute bien
le long du mur droit
une lézarde n’est pas
de cet avis

c’est comme une ride
qui n’appartient plus
à personne

Le temps est à parfumer
le plancher grince
et tout passe apparemment
tout passe

 

Né en 1973 à Montbéliard, Jérôme Pergolesi vit actuellement à Strasbourg où il se consacre à la création Multimédia ainsi qu’à l’écriture de poèmes et de nouvelles. Il est également responsable de la revue de poésie en ligne 17 secondes.
Depuis 2009, il propose régulièrement des textes et suites de poèmes dans les revues littéraires. Il a notamment été publié dans certains n° de Contre-allées, Décharge, Nouveaux Délits, Traction-Brabant, les Tas de mots, Secousse, le Capital des mots, Paysages Ecrits…

Son blog perso, ici.

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Combat (intermède)

IV

Intermède

Faille,
brèche,
fissure…

qu’importe
les mots
dont on use
et la fatigue
que l’on éprouve
à force ;;;;;;de combat,

une même idée
;;;;;;;;derrière,
une lueur,
un horizon entrevus

et un seul verbe :

vaincre

peut-être…

Le vendredi 3 octobre 2014.

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Combat (suite)

III

Plus remontés
que des pendules
face à ce qui force
notre irrespect,

plus amers,
plus que jamais
armés
de juste impatience
et de tant
de révolte,

on caresserait presque l’espoir
de pouvoir enfin,
dans un pur moment de folie passagère,
distribuer autre chose

que des tracts.

Nous n’avons pas dit encore
notre dernier
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;heurt.

Le mercredi 1er octobre 2014.

* les 2 premières parties du poème : ici

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