Dominique Gaultier

Dominique gaultier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8 p – 1.70 € – éd. Clapàs

 

 

Un extrait* :

Dans la salle de bains
Devant la glace j’ai pris peur
Elle ne reflétait pas mon visage
Effrayé, j’ai voulu me passer de
l’eau sur les mains
Je n’avais plus de mains
Affolé, j’ai voulu mettre mon
pantalon pour chercher du
secours
Je n’avais plus de jambes
Une ombre
Voilà ce que j’étais devenu
Paniqué, je me suis précipité
dans ma chambre
Là qu’ai-je vu dans mon lit ?
Mon corps
Mon corps qui dormait
tranquillement
Rassuré
Je me suis glissé dedans, tout
content
Je m’étais levé sans lui !
Quel distrait je fais !

 

* poème lu, vendredi dernier,  avec plein d’autres (sur le thème de l’angoisse, de la peur… ), aux Cm1/Cm2 et Ce2/Cm1 de l’école Marcel Pagnol de Messei (Orne), non loin de Durcet qui fut, pendant 3 jours, capitale incontestée, incontestable,  de la poésie !

 

Le site de Dominique, ici

 

 

 

 

 

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Tas de mots n°15

 

couverture n°15 (1)

 

Photo de couverture : Nouskarabelle

 

Au sommaire de ce n° tout en vers (ou presque) :

 

Guy Allix – Jean-Marie Alfroy – Daniel Birnbaum – Alexandre Blin – Gabrielle Burel – Dan Bouchery – Christophe Bregaint – Henri Cachau – Jean-Marie Cador – Miguel Coelho – Frédéric Dechaux – Guillaume Decourt – Alhama Garcia – Dominique Gaubert – Chantal Godé-Victor – Rodolphe Houllé – Alain Leylavergne – Olivier Le LohéMijo – Darja Mochliak – Assia Ouehbi – Morgan Riet – Jean-Michel Robert – Philippe Simon – Carlos Tronco

 

Un extrait :

 

Les guêpes dénouées dans la chaleur de l’enfance
La mémoire traversière errant au fil des pages
Tu me caresses du jour qui s’ennuie :
Nudité, quel regard te rendra la pareille ?

On joue à saute-nuage avec la lumière d’enfance
Entre les volets décrits (le ciel est un récit)
Et les secondes déguerpissent comme des guêpes
Sans pareilles à nos mains d’air libre

J’ignore ce qui fait défaut à l’éphémère
Ou ce qui vacille si soudain dans la joie
Car malgré la musique et la fenêtre ouverte
Je reste en désirance

Qui me rendra le rire qui te fait toi ?

;;;;;;M;;;;;;;;;;;;M;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;Miguel Coelho

 
Les tas de mots
27, rue de la Fosse-Frandemiche
14330 Le Molay-Littry

5€ l’exemplaire – 15 € pour l’abonnement

Pour les envois de textes (2 à 5 maxi) : morganriet@live.fr

 

 

 

 

 

 

 

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Passé/présent

;;;;;;;;;;;Le cimetière -

le collège de Jeanne, non loin.

D’un côté,
une parcelle ombreuse
parsemée d’absences -

;;;;;;;;;;;de l’autre,
ce qui dans un frais
élan sans frein

;;;rééquilibre l’enjeu

des mots
qui s’assemblent,
;;;s’articulent

;;;;;;;;;;;à la jointure
;;;;;;;;;;;du trouble.

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Confidence

;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;pour B.

 

Moteur éteint,
sur le parking.
On ne descend pas
de la voiture.
Coeur

au feu vert,
on se livre à demi-mot,
embrayant vers quelque
terre un peu grise et bruine
de nos états d’homme.

Et cela suffit au voyage
qu’ensemble
nous effectuons
en coup de vent,
mais

en profondeur
respectueuse
de nos intimes
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;distances
de sécurité.

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… et 2 notes de plus !

Voici la première… 

"David Lemaresquier / Morgan Riet : Quelque chose (Les Tas de mots)

Un recueil d’une belle facture, mi-photographies, mi-poèmes. Et le vis-à-vis fonctionne. Il y a des correspondances entre les deux arts, parfois directes, parfois subtiles, voire virtuelles. Mais ça donne de la perspective et de la visibilité. J’aime chez Morgan Riet sa fraîcheur, sa sincérité et sa simplicité. Pas d’esbroufe. On travaille le texte, en en parlant, sans masque ni fausse piste. Lampe frontale / du poème, je m’éclaire / les yeux fermés / et j’étouffe. Une chose est sûre, le poète possède le rythme, le tempo, le sens de la sonorité, jusqu’au jeu de mots Demain / est un autre joug. Il y a un indéniablement quelque chose dans cet accord, cette harmonie entre les clichés de l’un et les pages de l’autre, et une poésie en devenir dans l’écriture déjà bien établie de Morgan Riet. Strophe de Déplaisance : Epave, épreuve / au cœur, au crâne /cette odeur de mort / qui ressaque ; …

10 €. 17, rue de la Fosse Frandemiche – 14330 Le Molay-Littry "

et la suivante !

"Morgan Riet : Vu de l’intérieur (Donner à voir)

 Morgan Riet est doué. Il fait de son domicile une métaphore. Et la poésie se retrouve tout simplement convoquée chez lui. On est souvent sur le jeu de mots. Mais c’est dans cet espace qu’il faut le lire, dans le côté ludique, léger et drôle au final. Le fait de ne pas se prendre au sérieux est une sérieuse prise de risque. En tout cas, il fait le tour du locataire accompagné de sa famille et du lecteur qui visite avec amusement toutes les pièces de son appartement.

7.50 €. 91, rue de Tripoli – 72000 Le Mans. Illustrations : Hervé Gouzerh"

 

Toutes deux figurent dans le dernier n° de Décharge dont voici la couv’

 

couv161 décharge

……………………………….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

……………………………………….et elles sont signées Jacques Morin dit Jacmo !

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Printemps poétique de la Suze

Printemps poétique de la Suze

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je participe, le samedi 22 mars prochain, au Salon du livre de poésie et de ceux qui les font. (Dans ma besace, mes recueils, bien sûr, et les Tas de mots ). On peut consulter le programme sur le site La Toile de l’un d’Alain Boudet.

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Embarquement

Comme un peu de plage
importé
sur la pelouse…

En coin de terrasse,
un parterre à présent
met à la voile

que croque, ébauche,
dans l’herbeux des vagues,
une grappe

;;;;;;;;;;;;;;;;de galets.

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Mahmoud Darwich

Mahmoud Darwich

 

 

 

 

 

 

 

 

La terre nous est étroite et autres poèmes (1966-1999) – 400 p – collection Poésie/Gallimard

 

 

Un extrait :

Je dis tant de choses

Je dis tant de choses sur la différence ténue entre les
;;;;femmes et les arbres,
Sur la magie de la terre, sur un pays dont je n’ai trouvé le
;;;;tampon sur aucun passeport
Et je demande : Mesdames et messieurs aux coeurs bons,
;;;;la terre des hommes est-elle, comme vous l’affirmez, à
;;;;tous les hommes ?
Où est alors ma masure ? Et où suis-je ? L’assemblée
::::m’applaudit
Trois autres minutes. Trois minutes de liberté et de
;;;;reconnaissance… L’assemblée vient d’approuver
Notre droit au retour, comme toutes les poules et tous les
;;;;chevaux, à un rêve de pierre.
Je leur serre la main, un par un, puis je salue en m’incli-
::::nant… et je poursuis ce voyage
Vers un autre pays, où je dirai des choses sur la différence
;;;;entre mirages et pluie
Et demanderai : Mesdames et messieurs aux coeurs bons,
;;;;la terre des hommes est-elle
A tous les hommes ?

1986

 

Pour la notice bio-biblio de ce grand poète palestinien, c’est par ici

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Certitude

;;;;;Il y a peut-être une rue, des allées, des retours, des moteurs qui donnent le la sur la portée de l’asphalte.

;;;;;Il y a peut-être une femme en verve caféine et des enfants qui bondissent, rebondissent, sur le lit du mien matin comateux.

:::::Il y a peut-être ensuite un silence vorace, lippu, des regards désaffectés à nourrir, vaille que rail, de maintes tâches méningères,
;;;;;comme à l’affût de quelque entrain à grande vitesse.

:::::Il y a peut-être aussi une nymphe qui nage dans une ondée de soleil, suivie d’un nuage gris chargé d’une honte passagère, jusqu’à ce que survienne
;;;;;une factrice plutôt matrone pour me ramener, pieds et lettres, sur terre,

;;;;;où rouler, modeler alors, entre le pouce et l’index, si peu de chose,

:::::un cachou,

;;;;;tout un poème.

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Guy Bellay

guy-bellay

 

 

 

 

 

 

 

 

La seule photo du poète que j’ai pu trouver sur le net…

 

Février au soleil

Nous descendons vers la mer
par beau temps
par mauvais temps
le temps d’attendre.

Il y a tant d’années que nous venons ici.
Faut-il souhaiter
que cela se sache ?

Aujourd’hui est consacré au premier soleil,
si longuement voulu par tous qu’il est dédié à
;;;chacun personnellement.

Nous laissons pendre nos jambes,
jupes ou pantalons relevés,
le long du parapet.
Du marin nous avons le hâle.
Nous ferons envie aux premiers touristes.
En attendant nous sommes blancs,
trop légers pour la mer.

 

Poème extrait de Bain public II – éd. Oswald – 1968
et repris dans le n°21 de la Revue Texture – été 1985 – "Lire Guy Bellay" (Numéro préparé par Georges Cathalo)

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