Verlaine, à la table d’un estaminet

 
 
 
 
 
 
 
 
 
                               
 

Paul Verlaine au François 1er
 
                                          Paul Verlaine au François 1er
 
 
 
 
     Encore une absinthe…
 
     que j’oublie l’étreinte
     de cet ange au chant diapré
     de coq écorché par l’aube,
     mâle et beau comme le diable !
 
     Encore une…
 
     que je n’entende plus
     ce coup de feu fatal
     à la bohème nôtre,
     génialement démente,
 
     quand par monts et par vaux,
     très loin de nos geôles,
     nous allions dessaler
     le cul des moeurs et des rythmes !
 
     Encore une… dernière…
 
     il me reste quelques sous
     et ne le suis point encore
     suffisamment pour vomir
     le souvenir saumâtre
 
     de ta bouche et de ton foutre.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dessin portrait de Antonio de La Gandara (1862-1917)
                                  
Dessin portrait de Antonio de La Gandara (1862-1917)
 
 
 
 
 
 

 
Publicités

A propos Morgan Riet

Né en 1974 à Bayeux dans le Calvados. Y réside toujours. Ecrit parfois. Textes publiés dans les revues suivantes : Décharge, Comme en poésie, Cairns, Ecrit(s) du Nord, Recours au poème, Créatures, Gros Textes, Friches, L'Autobus, Traction-brabant, Microbe, Poésie première, Florilège, Le Capital des mots, Francopolis, Mauvaise graine, Poésie/Seine, les Nouveaux cahiers de l'Adour, Inédit Nouveau, les Tas de mots, Libelle, Ce qui reste, les Amis de Thalie, 17 secondes, l'Herbe folle, les Cahiers de poésie, les Cahiers de la rue Ventura, Verso et Paysages écrits *** Recueils et plaquettes : "Lieu cherché, chemins battus" (éd. Clapàs - 2007), "En pays disparate" (même éditeur - 2010)," Midi juste environ" (auto-édition - 2011), Du côté de Vésanie, illustré par Matt Mahlen (éd. Gros textes - 2012), ça brûle (-36° édition - 2012), "Quelque chose", photos de David Lemaresquier (éd. Les Tas de mots - 2013), "Vu de l'intérieur" , illustré par Hervé Gouzerh (éd. Donner à voir - 2013), "A fleur de poème", illustré par Matt Mahlen (même éditeur - 2016), "Sous la cognée" (éd. Voix tissées - 2017) *** Ouvrages collectifs : "Visages de poésie" - tome 6 - de Jacques Basse (éd. Rafael de Surtis - 2012), "L'insurrection poétique" - collection Po&vie (éd. Corps Puce - 2015), "Perrin Langda & compagnie (Mgv2>publishing - 2015), "Arbre(s)" (éd. Donner à Voir - 2016), "Dehors, recueil sans abri" (éd. Janus -2016)
Cet article a été publié dans En tous sens. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

12 commentaires pour Verlaine, à la table d’un estaminet

  1. Annick dit :

    "La passion est un champ magnifique fertile à souhait pour y planter la rime". C’est drole tu édites ce texte juste au moment ou moi je pose sur le forum"existentiel" une question liée à la passion….d’ailleurs si tu venais nous y rejoindre ? merci de Toi,  et merci à  Verlaine et à Rimbaud.

  2. Ganzer dit :

    Whhaaooo….Quand le Magicien des mots rencontre la fée verte…..Désespoir…J’apprécie vraiment !!Amitié

  3. Jean-Claude dit :

    Superbe…

  4. Pierre dit :

     
     Bonjour Morgan !
     
      Je rejoins J.C. !   C’est du très beau !  
     
     Des semelles de vent,
     des semelles de feu
     terninées en Brabant
     sur un sec coup de feu !
     
      Très bonne journée,
     
    Pierre
     

  5. Marie dit :

    Vomir c’est essayer d’oublier. Impossible. D’oublier Rimbe.
    "moi tout tien, tout toi", et transir et brûler..
    Kiss.
    Mu.

  6. .уιуι dit :

     
     à chacun de mes passages,
     je suis sOus le charme
     merci mOrgan !!
     

  7. . dit :

    Encore une Absinthe que j’oublie……..
    j’ai vomi si souvent autrefois….. la folie de mes songes et pourtant, encore aujourd’hui…..je rêve…… je n’ai pas oublié…. je me demande même parfois si la mémoire n’est pas encore plus vive……*
     

  8. Fabienne dit :

    J’ai retrouvé dans je ne sais plus quel texte des commentaires sur l’absinthe !  Quand je revois ce poème, je ne peux éviter d’y penser.  L’absinthe avait une renommée effroyable, rendait malade, créait des hallucinations, des visions…  Heureusement, les temps évoluent !

  9. MARIE dit :

    Bonsoir Morgan,
     
    Je te remercie pour ton commentaire, tu dis que ça ne nous rajeunit pas. Que dire de l’ évocation de Verlaine, Rimbaud, c’ était le temps insouciant des études, le lycée, l’ apprentissage de la vie. Cela fait ressurgir  beaucoup de souvenirs…
     
    Joli poème et l’ absinthe, cet alcool qui procure ivresse et folie et tu joues avec les mots d’ une façon experte qui entraîne le lecteur et le rend mélancolique.
    Bravo, tu as un certain génie.
    Amitiés
    Bisous
     
    Marie
     

  10. Danyel dit :

    Quel bel hommage à Verlaine ! Je suppose que c’est bien ce qu’il pensait, ce soir là !
    Au plaisir de se lire. Amitié. Daniel

  11. David dit :

    au hasard d’un commentaire chez Kim, je passais par là, mais il faudra que je revienne, car l’écriture m’intrigue, et le vocabulaire m’enchante.

  12. michel dit :

    Les boissons alcolisée peuvent faire des miracles en poésie etc…ce n’est pas ton cas jéspérre mdrrr car l’Absinthe n’est pas trops généreuse en gout mais heureuse en maladie mdrr, puis tu nous écrit de si bo poémes melodieux mdrrrr…….
    bisoux d’un fou……..

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s