Etat de veille

 
 
 
 
 
 
 
 
 

                                              
                                            Munch- Le cri (1893)
 
                                            Munch – Le cri (1893)
 
 
 
    
               Qui es-tu, à part un chien errant rongeant son os à poèmes au hasard des dents de scie et des aplats d’un pays disparate ?
 
               Qui es-tu, à part un rêvailleur en pure perte, le front plissé de ruminations et blessé de ronces quelquefois singulièrement suaves ?
 
               Qui es-tu, à part un passeur d’images trébuchant sur la pierraille des rythmes, dépassé par le train où vont les êtres et les choses ?
 
               Qui es-tu, à part un apatride, un enfant mal dégrossi qui parle en boitant, d’une voix émue de clairière, aux ombres et aux mots qui le suivent à la trace ?
 
               Quiétude, un jour ?
 
               ou serait-ce en toi, jusqu’au néant (ce pays limitrophe), comme un continent lunaire, éperdu, d’immarcescible crise ?
 
 

 
 
 
 
Publicités

A propos Morgan Riet

Né en 1974 à Bayeux dans le Calvados. Y réside toujours. Ecrit parfois. Textes publiés dans les revues suivantes : Décharge, Comme en poésie, Cairns, Ecrit(s) du Nord, Recours au poème, Créatures, Gros Textes, Friches, L'Autobus, Traction-brabant, Microbe, Poésie première, Florilège, Le Capital des mots, Francopolis, Mauvaise graine, Poésie/Seine, les Nouveaux cahiers de l'Adour, Inédit Nouveau, les Tas de mots, Libelle, Ce qui reste, les Amis de Thalie, 17 secondes, l'Herbe folle, les Cahiers de poésie, les Cahiers de la rue Ventura, Verso et Paysages écrits *** Recueils et plaquettes : "Lieu cherché, chemins battus" (éd. Clapàs - 2007), "En pays disparate" (même éditeur - 2010)," Midi juste environ" (auto-édition - 2011), Du côté de Vésanie, illustré par Matt Mahlen (éd. Gros textes - 2012), ça brûle (-36° édition - 2012), "Quelque chose", photos de David Lemaresquier (éd. Les Tas de mots - 2013), "Vu de l'intérieur" , illustré par Hervé Gouzerh (éd. Donner à voir - 2013), "A fleur de poème", illustré par Matt Mahlen (même éditeur - 2016), "Sous la cognée" (éd. Voix tissées - 2017) *** Ouvrages collectifs : "Visages de poésie" - tome 6 - de Jacques Basse (éd. Rafael de Surtis - 2012), "L'insurrection poétique" - collection Po&vie (éd. Corps Puce - 2015), "Perrin Langda & compagnie (Mgv2>publishing - 2015), "Arbre(s)" (éd. Donner à Voir - 2016), "Dehors, recueil sans abri" (éd. Janus -2016)
Cet article a été publié dans En tous sens. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

13 commentaires pour Etat de veille

  1. Jean-Claude dit :

    Réveille-toi : TU es !
    Amitiés

  2. B dit :

    Sensations … qui peuvent rendre fou.

  3. daniele dit :

     et oui QUI ES-TU ??  ou QUI SOMMES NOUS ??
     ou sont les reponses ! amitié

  4. Ganzer dit :

    à part …. et c’est tellement….à part …. et c’est tellement…. toi…être de si peu…. et de tellement…Ami calmant…

  5. Danyel dit :

    Que de questions sur le soi, mais le soi profond ! amitié. Daniel

  6. Fleur de mai dit :

     
    Qui es-tu pour écrire de si sensible façon?
     
    Tu es
    à part
    unique
    et
    ce que personne ne sera…
     
    Tu es la réponse à tant d’interrogations…
    Tu veilles sur toi…
     

  7. Evelyne dit :

    Un homme ! Avec le privilège immense de l’expression . . -Sans elle que serais tu -que serions nous ? Après toi il restera tes mots . Si délicats et justes . .

  8. Pierre dit :

     
     Bonjour Morgane,
     
    Ta profonde interrogation se marie à merveille avec " le cri " de Munch ! Je partage  !
     
     Très bonne journée,
     
    Pierre
     

  9. Michel dit :

    Peut-être un merveilleux linguistique, comme disait Verlaine. "immarcescible", celui-là, par exemple, je ne l’avais plus en magasin… Merci d’avoir rafraîchi la mémoire de mes cours de botanique en faculté. 🙂

  10. Muriel dit :

    Je suis très touchée par ce texte Morgan, peut-être parce qu’aujourd’hui il éveille un écho particulier en moi, mais très sûrement par la justesse des mots et de l’illustration choisis.
    Qui que tu sois, tu es surtout un passeur de mots, et quels mots !
    Amicalement de mon continent perdu.
    Mourka

  11. Vianney dit :

       
        "Je suis de mon cœur le vampire,
        – Un de ces grands abandonnés
        Au rire éternel condamnés,
        Et qui ne peuvent plus sourire !"

  12. annie dit :

    Ce tableau bien connu de Munch m’a toujours fait froid dans le dos  !   on bascule entre la difficulté de vivre et la qu!étude dont tu parles  …..    C’est comme ça  !

  13. mu dit :

    J’adore ce tableau…
    Ecrire c’est le questionnement perpétuel… la quête éperdue de réponses… où finalement ce qui est intéressant c’est justement les questions
    J’aime beaucoup ton poème
     
    C’est beau ce mot immarcescible (je ne le connaissais pas… hum j’aime savourer de nouveaux mots, miam)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s