Marine

 
 
 
 
 
 
 
 
 
                                                                     
 
                                                            Sirène de mer et sirène de terre (5)
 
                                                           Toile de Lucien Puyuelo
 
 
 
 
 
La mer était marâtre,
opiniâtre en son bégaiement salin.
Sa langue enroulée sur les rocs
enflait, verte d’embruns.
La mer était maîtresse,
tout entière ouverte à l’indécence du vent.
 
Au port,
honteusement jaloux,
quelques fils incestueux
avaient l’ivresse en poupe
et, en fanfarons de façade,
la reniaient tout en joie
 
                                jusqu’au prochain départ.
 
 
 
 
 
Poème extrait d’un ensemble que j’ai intitulé " Près Matrice".
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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A propos Morgan Riet

Né en 1974 à Bayeux dans le Calvados. Y réside toujours. Ecrit parfois. Textes publiés dans les revues suivantes : Décharge, Comme en poésie, Cairns, Ecrit(s) du Nord, Recours au poème, Créatures, Gros Textes, Friches, L'Autobus, Traction-brabant, Microbe, Poésie première, Florilège, Le Capital des mots, Francopolis, Mauvaise graine, Poésie/Seine, les Nouveaux cahiers de l'Adour, Inédit Nouveau, les Tas de mots, Libelle, Ce qui reste, les Amis de Thalie, 17 secondes, l'Herbe folle, les Cahiers de poésie, les Cahiers de la rue Ventura, Verso et Paysages écrits *** Recueils et plaquettes : "Lieu cherché, chemins battus" (éd. Clapàs - 2007), "En pays disparate" (même éditeur - 2010)," Midi juste environ" (auto-édition - 2011), Du côté de Vésanie, illustré par Matt Mahlen (éd. Gros textes - 2012), ça brûle (-36° édition - 2012), "Quelque chose", photos de David Lemaresquier (éd. Les Tas de mots - 2013), "Vu de l'intérieur" , illustré par Hervé Gouzerh (éd. Donner à voir - 2013), "A fleur de poème", illustré par Matt Mahlen (même éditeur - 2016), "Sous la cognée" (éd. Voix tissées - 2017) *** Ouvrages collectifs : "Visages de poésie" - tome 6 - de Jacques Basse (éd. Rafael de Surtis - 2012), "L'insurrection poétique" - collection Po&vie (éd. Corps Puce - 2015), "Perrin Langda & compagnie (Mgv2>publishing - 2015), "Arbre(s)" (éd. Donner à Voir - 2016), "Dehors, recueil sans abri" (éd. Janus -2016)
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17 commentaires pour Marine

  1. Marie dit :

    On entend la mer dans tes mots….
     
    Belle version du port d’Amsterdam que tu nous offres là, chantée avec autant de force que la chantait le grand Brel
     
    Douce soirée
    Kissss
    Marie

  2. B dit :

    La belle marine que voilà …
    Très très beau.

  3. mu dit :

    J’aime bien cette atmosphère liquide…
    Bonne soirée
    Mu

  4. plume dit :

    Je dirais cette ambiance glauque et bruyante et ce défie renouvellé .
     C’est une musique pleine de la vraie VIE .
    Amitiés Morgan

  5. Jean-Claude dit :

    Super Morgan

  6. juliana dit :

    Tes mots me font l’entendre et la voir…
    Biz…

  7. Pascal dit :

    C’est puissant. Je trouve qu’il y a aussi ce côté "pavés poisseux" comme un deuxième clin d’oeil à Brel. La mer marâtre: drôlement bien trouvé! Amitiés

  8. Michel dit :

    Subtilité condensée de quelques vers expressifs. Très bel exercice.

  9. Ieva dit :

    Dans le flux , le reflux, dans l’ecume des nuits il oubliait le vent, les rouleaux impétueux….Eperdu et noyé dans le vague, horizon en reflet dans la rigole du temps….. *C*
     
    Bonsoir Morgan…j’aime te lire …merci *

  10. Bambou dit :

    Que dire de plus… sinon que c’est beau !"La mer était maîtresse,
    tout entière ouverte à l’indécence du vent." Magnifique.Merci Morgan

  11. Bambou dit :

    Que dire de plus… sinon que c’est beau !"La mer était maîtresse,
    tout entière ouverte à l’indécence du vent." Magnifique.Merci Morgan

  12. Bambou dit :

    Que dire de plus… sinon que c’est beau !"La mer était maîtresse,
    tout entière ouverte à l’indécence du vent." Magnifique.Merci Morgan

  13. Evelyne dit :

    quelle maitrise des mots ! condensé et puissant !  chapeau !

  14. Muriel et Fred dit :

    J’aime cette maîtrise des mots incisive et concise… Cela fait mouche !
    Mourka

  15. Danyel dit :

    Les marins mariés avec la mer. Amitié. D.

  16. Seshet dit :

    Au bout de la jetée
    Une femme au visage blanc
    Les cheveux ébouriffés
    Referme ses mains sur le vent
    Referme ses mains sur le vide
    Son âme et ses yeux humides
    Tourmentés comme des vagues d’océan
    Son amour blessé aux roches du désespoir
    Elle fixe cette rivale jusquà en perdre la mémoire
    Elle chaloupe et divague
    Et se noie dans les vagues
     
     
    Ton texte est… Et tellement… Merci.
    Seshet

  17. ANTIGONE dit :

    Un doux moment que cette lecture sensible moi qui aime tant l’océan … pacifique !

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