Tissu

 
                                                                                                 
                                                                                                                à mon ami, Michel Pialoux.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                                                                       
 
 
                                                                         Henri Matisse – La joie de vivre (1905)
 
 
 
 
 
 
Saboter
le train-
train,
prendre la vie, on
ne peut mieux,
par tous les pores,
comme une lanterne magique,
la frotter
dans le sens des étoiles
( mille et un voeux
sur la langue
donnée au large
comme à la bouche en face de soi )
et l’haleine
chargée de son troupeau
de hasard,
botter le cul des "ah, si
on n’avait su !"
avec ses yeux
autant qu’avec ses pieds
beautés de plus de sept lieux,
il va de soie !
comme de tout autre matière,
et surtout celle,
si riche,
                    dé-
            cou-
sue
 
du tissu humain.
 
 
 
 
                                                                       
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A propos Morgan Riet

Né en 1974 à Bayeux dans le Calvados. Y réside toujours. Ecrit parfois. Textes publiés dans les revues suivantes : Décharge, Comme en poésie, Cairns, Ecrit(s) du Nord, Recours au poème, Créatures, Gros Textes, Friches, L'Autobus, Traction-brabant, Microbe, Poésie première, Florilège, Le Capital des mots, Francopolis, Mauvaise graine, Poésie/Seine, les Nouveaux cahiers de l'Adour, Inédit Nouveau, les Tas de mots, Libelle, Ce qui reste, les Amis de Thalie, 17 secondes, l'Herbe folle, les Cahiers de poésie, les Cahiers de la rue Ventura, Verso et Paysages écrits *** Recueils et plaquettes : "Lieu cherché, chemins battus" (éd. Clapàs - 2007), "En pays disparate" (même éditeur - 2010)," Midi juste environ" (auto-édition - 2011), Du côté de Vésanie, illustré par Matt Mahlen (éd. Gros textes - 2012), ça brûle (-36° édition - 2012), "Quelque chose", photos de David Lemaresquier (éd. Les Tas de mots - 2013), "Vu de l'intérieur" , illustré par Hervé Gouzerh (éd. Donner à voir - 2013), "A fleur de poème", illustré par Matt Mahlen (même éditeur - 2016), "Sous la cognée" (éd. Voix tissées - 2017) *** Ouvrages collectifs : "Visages de poésie" - tome 6 - de Jacques Basse (éd. Rafael de Surtis - 2012), "L'insurrection poétique" - collection Po&vie (éd. Corps Puce - 2015), "Perrin Langda & compagnie (Mgv2>publishing - 2015), "Arbre(s)" (éd. Donner à Voir - 2016), "Dehors, recueil sans abri" (éd. Janus -2016)
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13 commentaires pour Tissu

  1. Michel dit :

    à tout tissu sont des cellules…

  2. Philippe dit :

    les tissus épithéliaux, entre autres…

  3. Jean-Claude dit :

    Tissu par tous les pores ? lol

  4. Babel dit :

    l’essentiel est que le tissu humain, même décousu, conserve toute son épaisseur !

  5. Michel dit :

    Diantre ! Je n’avais même pas vu la dédicace en en-tête ! Merci amigo ! 😀

  6. Michel dit :

    C’est marrant… Ici, du côté de Douarnenez, on surnomme les bohémiens "termajis"… Pourquoi ? Parce que dans le temps, c’était eux forains, qui actionnaient la "lanterne magique", l’influence de la langue bretonne faisant le reste. Je repensai soudainement à "Ma Bohème" de Rimbaud. "Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées"… Y eut-il jamais vers plus lumineux qui résumât mon chemin d’années virtuelles à la fin duquel nous nous rencontrâmes. Bien entendu, je reconnais le saboteur de "train-train" ainsi que ces "beautés de plus de sept lieux" qui me firent arpenter la douce France. Elle fut là ma bohème, à la lanterne magique (peut-être ?) de mes versets saponiques.Un jour sûrement, aurai-je "l’haleine" moins "chargée" de mon "troupeau de hasard", celui des palindromes sur lesquels on s’acharne, étripant le verbe, triturant la chair des mots, disséquant l’âme qu’il contiennent et qui n’est le reflet que de celle de son créateur, extirpant le sens du néant qui nous dévore plus efficacement à chaque jour qui nous rapproche de la mort.Si vivre est apprendre à mourir, si vivre est prendre conscience de l’impermanence du tissu, de son usure, si écrire est en tisser la trame, le ramender à la "comme on peut", alors je comprends mieux les fils qui nous relient, marionnettistes, forains…Merci Morgan !

  7. Pierre dit :

    Bonjour Morgan , Une invitation à ne pas laisser le train train quotidien s’installer ! Provoquer la vie et en retirer le meilleur, voila ce que ton joli poème nous apporte ! C’est un joli canevas non tissé de fils blancs !Bonne journée ! Pierre PS: Michel en fait une longue analyse que je partage pleinement !

  8. Jean Baptiste Lucchini dit :

    Michel… super les ‘termajis’… projeteurs de magies soit de reflets de notre désir… découverte du tissu humain…

  9. Jean Baptiste Lucchini dit :

    Oubli… ça commente bien le Matisse JB

  10. Jean Baptiste Lucchini dit :

    J’en remets une couche… j’adore ‘termajis’

  11. Morgan dit :

    En fait, je n’ai pas écrit le poème à partir du tableau de Matisse… Je l’ai donc associé après coup de plume !Merci à toutes et tous d’être passé par là.

  12. Catrin dit :

    ..c’est curieux, j’aime énormément ce texte, ce qu’il portenéanmoins, j’ai le goût de tout le ramasser, qu’il soit bien serréaussi dense que le tableau superbe est lumineux …(mille pardons) j’aime énormément

  13. Chantal dit :

    Une belle étincelle de vie!

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