Michel Pialoux

Speed érotomane

 

     Texte versifié

 De moi à toi : mettons un terme,
accélérons la fin des amours hypothermes
aux funestes langueurs, aux orgasmes défunts
me laissant sur ma faim, frigidités ternes.
Amours alternes
et coïts aigrefins,
sont les denrées que tu servis
afin d’empoisonner de ton venin
celui qui, bêtement, se trouvait asservi,
anxieux, emprisonné par le piège canin
des chélicères crues du mensonge éhonté,
des falsifications et des oeuvres du vice,
obsédantes émues, mues de curiosité
malsaine et entêtante à vouloir tout tester,
des situations dont tu tiras bénéfice,
des dissimulations très protectrices
et des duperies effrontées
de l’arachnide actrice
de verge hanté…

L’écriture exutoire est une oeuvre divine,
le seul don délaissé au sensible écrivain,
qui de son écritoire, en ces maux qu’il devine,
retoque le portrait d’un amour qui fut vain.

N’est tant oeuvre salubre
que ces vers arrachés
comme pattes malignes
d’arthropode lugubre
et traînant en longueur, mais sachant, art aîné,
mettre un point à la ligne.

      Commentaires

      Parfois, la colère l’emporte et fabrique à volonté des images appartenant à l’imaginaire phobique collectif. Toute écriture est exutoire et quelle qu’en soit la forme. On a tous vécu des choses avec le sentiment d’avoir été floué, berné, piégé… Et ce sentiment rejoint immanquablement l’imaginaire collectif. Il déclenche en nous l’émergence de signes-codes, d’images subconscientes que la psychologie se plaît à étudier, mais que l’art se plaît à représenter.
     L’araignée est indubitablement l’une des vedettes de cette galerie de nos horreurs congénitales. On a tous une araignée dans le plafond ! Surtout quand on arpente les greniers de l’inspiration. Et lorsqu’elle sort de son trou, il nous faut l’écraser, mais pour ce faire la matérialiser.
     Tourner une page n’est ni tuer ni se tuer, mais tuer en soi. Ecraser l’araignée et faire son petit ménage, évacuer sur la page les « habitants du placard »…
     La tête et l’abdomen sculptés à coups de vers croissants et décroissants, les pattes s’en sont allées à l’alexandrin ou à sa moitié, à l’arrache !

 Extraits du recueil Calligrammes de mon ami  poète Michel Pialoux :

 Calligrammes – 78 pages – 15 euros

Le livre rassemble 18 calligrammes* que Michel a pris le soin d’accompagner de « leur texte versifié de façon linéaire et de quelques commentaires sur l’idée et les techniques ayant défini leur construction » précise t-il en quatrième de couverture. Moi, je dis simplement que c’est du grand art ! J’applaudis donc de mes deux yeux  les poèmes spatiaux de ce grand « petit homme-vers », dans le sillage d’Apollinaire… et au-delà !

Pour se procurer son bouquin  :

Les éditions du Capitaine
17 résidence roz ar pont
29590 Pont de Buis lès Quimerc’h

michel.pialoux@live.fr

* En octobre dernier, ceux-ci ont été exposés en format A2 sous verres 70×50 au Salon du livre de Chateaulin que Michel évoque ici sur son blog.

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A propos Morgan Riet

Né en 1974 à Bayeux dans le Calvados. Y réside toujours. Ecrit parfois. Textes publiés dans les revues suivantes : Décharge, Comme en poésie, Cairns, Ecrit(s) du Nord, Recours au poème, Créatures, Gros Textes, Friches, L'Autobus, Traction-brabant, Microbe, Florilège, Le Capital des mots, Francopolis, Mauvaise graine, Poésie/Seine, les Nouveaux cahiers de l'Adour, Inédit Nouveau, les Tas de mots, Libelle, Ce qui reste, les Amis de Thalie, 17 secondes, les Cahiers de poésie, les Cahiers de la rue Ventura, Verso et Paysages écrits *** Recueils et plaquettes : "Lieu cherché, chemins battus" (éd. Clapàs - 2007), "En pays disparate" (même éditeur - 2010)," Midi juste environ" (auto-édition - 2011), Du côté de Vésanie, illustré par Matt Mahlen (éd. Gros textes - 2012), ça brûle (-36° édition - 2012), "Quelque chose", photos de David Lemaresquier (éd. Les Tas de mots - 2013), "Vu de l'intérieur" , illustré par Hervé Gouzerh (éd. Donner à voir - 2013), "A fleur de poème", illustré par Matt Mahlen (même éditeur - 2016) *** Ouvrages collectifs : "Visages de poésie" - tome 6 - de Jacques Basse (éd. Rafael de Surtis - 2012), "L'insurrection poétique" - collection Po&vie (éd. Corps Puce - 2015), "Perrin Langda & compagnie (Mgv2>publishing - 2015), "Arbre(s)" (éd. Donner à Voir - 2016), "Dehors, recueil sans abri" (éd. Janus -2016)
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4 commentaires pour Michel Pialoux

  1. Je suis content qu’il soit enfin publié!

  2. stelltsat dit :

    c’est bien retranscrit, j’aime cette façon de voir les choses, au moins on apprend.
    bise et à bientôt!

  3. Babel dit :

    un hommage bien mérité !

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