Georges Perros



 

 

 

Georges Perros (1923-1978)

J’allais en vacances à Courrières
près Hénin-Liétard Les Corons
me faisaient grosse impression
Vésuves d’une triste terre
et les pavés que les cyclistes
empruntent pour mieux savourer
la victoire au bout de la piste
Mon grand-père alors me hissait
sur son cheval A petit trot
nous allions jusque dans les champs
tartine de pain cassonade
J’aimais me sentir dans le vent
dans le blé bleu qui pique aux jambes
le blé n’est pas bleu je le sais
mais un mot en amène un autre
et tout a la couleur du ciel
quand notre oeil est en nouveauté. (p31)

J’avance en âge mais vraiment
je recule en toute autre chose
et si l’enfance a pris le temps
à trouver place en moi je pense
voilà qui est fait et je suis
devenu susceptible au point
qu’on peut me faire pleurer rien
qu’en me prenant la main Je traîne
en moi ne sais quelle santé
plus prompte que la maladie
à me faire sentir la mort
Tout m’émeut comme si j’allais
disparaître dans le moment
Ce n’est pas toujours amusant. (p73)

Ne pas dire plus qu’on ne voit
plus qu’on ne sait plus qu’on ne sent
c’est un métier très difficile
car la fable est au bout du compte
Deux hommes face à même chose
la décrivent tout autrement
et combien d’hommes dans un homme ? (p189)

Extrait d’Une vie ordinaire – collection Poésie/Gallimard

A signaler, une lecture très intéressante de ce « roman poème » à cet endroit


Publicités

A propos Morgan Riet

Né en 1974 à Bayeux dans le Calvados. Y réside toujours. Ecrit parfois. Textes publiés dans les revues suivantes : Décharge, Comme en poésie, Cairns, Ecrit(s) du Nord, Recours au poème, Créatures, Gros Textes, Friches, L'Autobus, Traction-brabant, Microbe, Poésie première, Florilège, Le Capital des mots, Francopolis, Mauvaise graine, Poésie/Seine, les Nouveaux cahiers de l'Adour, Inédit Nouveau, les Tas de mots, Libelle, Ce qui reste, les Amis de Thalie, 17 secondes, l'Herbe folle, les Cahiers de poésie, les Cahiers de la rue Ventura, Verso et Paysages écrits *** Recueils et plaquettes : "Lieu cherché, chemins battus" (éd. Clapàs - 2007), "En pays disparate" (même éditeur - 2010)," Midi juste environ" (auto-édition - 2011), Du côté de Vésanie, illustré par Matt Mahlen (éd. Gros textes - 2012), ça brûle (-36° édition - 2012), "Quelque chose", photos de David Lemaresquier (éd. Les Tas de mots - 2013), "Vu de l'intérieur" , illustré par Hervé Gouzerh (éd. Donner à voir - 2013), "A fleur de poème", illustré par Matt Mahlen (même éditeur - 2016), "Sous la cognée" (éd. Voix tissées - 2017) *** Ouvrages collectifs : "Visages de poésie" - tome 6 - de Jacques Basse (éd. Rafael de Surtis - 2012), "L'insurrection poétique" - collection Po&vie (éd. Corps Puce - 2015), "Perrin Langda & compagnie (Mgv2>publishing - 2015), "Arbre(s)" (éd. Donner à Voir - 2016), "Dehors, recueil sans abri" (éd. Janus -2016)
Cet article a été publié dans Mots rencontrés. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Georges Perros

  1. Topa dit :

    Je ne suis pas étonné que tu apprécies Perros…
    A lire aussi les « Papiers collés » (3 volumes chez Gallimard).
    Des amis de Brest et de Douarnenez l’ont bien connu : il vivait très simplement, passionné de foot et de moto, mais surtout de rencontres avec les gens…

  2. Morgan Riet dit :

    … encore une nouvelle chose à mettre sur la liste du Père Noël !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s