Thierry Metz

Thierry Metz

Thierry Metz L’homme qui penche –  Pleine page éditeur -112 p – 15 €

« Voici le journal de l’homme qui penche, résultant de deux séjours  volontaires dans  un hôpital psychiatrique, deux ultimes  tentatives pour se redresser, quelques semaines avant de cesser  d’écrire. »

 

Quelques extraits :

5.

Trois heures du matin. Plus moyen de dormir malgré le somnifère. La veilleuse éclaire la chambre. Ivan, mon voisin, lui, dort. Quelqu’un marche dans le couloir et s’éloigne. Je pense au rêve que je viens de faire. Le rêve d’un enfant allongé sur le dos, sa bicyclette près de lui, couché contre le talus, au bord d’une route communale. De l’autre côté se trouve une résurgence, une eau très claire, bruissante, peuplée d’épinoches. Derrière lui : un champ de betteraves. Et au-dessus, hauts, des mirages qui s’étirent, rayés d’hirondelles et de martinets.
L’herbe.
L’eau.
Des nuages.
Pas plus.
C’est resté comme je l’ai vu. Intact et beau.
Mais ne suis-je pas toujours dans l’herbe, à écouter l’eau en regard des nuages ? Et quoi que je fasse ou écrive, n’y a-t-il pas ou n’y a-t-il plus que cet instant ?

32.

Je suis resté sous la véranda une bonne partie de la journée. Le soleil me chauffait et j’étais comme un chat. Puis Jean-Luc m’a rejoint et on a discuté comme des promeneurs, sevrés pourtant de nos petits chemins habituels, sans autre espace que nos regards.

50.

Se taire.
Faire silence pendant des heures. Non pour se taire mais pour qu’il y ait à nouveau une rencontre de mots, un apaisement du langage, la présence d’au moins quelqu’un en l’absence de tous. Il n’y a souvent que peu à dire. Car même si l’on connaît la maison, on ne sait pas où est allé l’habitant.

87.

Aucun baiser le soir. Aucune tendresse. Le lit. Les comprimés. L’avant-goût de pourrir sur un tas de feuilles mortes.
Il y avait pourtant de quoi faire.
Il était une fois…

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A propos Morgan Riet

Né en 1974 à Bayeux dans le Calvados. Y réside toujours. Ecrit parfois. Textes publiés dans les revues suivantes : Décharge, Comme en poésie, Cairns, Ecrit(s) du Nord, Recours au poème, Créatures, Gros Textes, Friches, L'Autobus, Traction-brabant, Microbe, Florilège, Le Capital des mots, Francopolis, Mauvaise graine, Poésie/Seine, les Nouveaux cahiers de l'Adour, Inédit Nouveau, les Tas de mots, Libelle, Ce qui reste, les Amis de Thalie, 17 secondes, les Cahiers de poésie, les Cahiers de la rue Ventura, Verso et Paysages écrits *** Recueils et plaquettes : "Lieu cherché, chemins battus" (éd. Clapàs - 2007), "En pays disparate" (même éditeur - 2010)," Midi juste environ" (auto-édition - 2011), Du côté de Vésanie, illustré par Matt Mahlen (éd. Gros textes - 2012), ça brûle (-36° édition - 2012), "Quelque chose", photos de David Lemaresquier (éd. Les Tas de mots - 2013), "Vu de l'intérieur" , illustré par Hervé Gouzerh (éd. Donner à voir - 2013), "A fleur de poème", illustré par Matt Mahlen (même éditeur - 2016) *** Ouvrages collectifs : "Visages de poésie" - tome 6 - de Jacques Basse (éd. Rafael de Surtis - 2012), "L'insurrection poétique" - collection Po&vie (éd. Corps Puce - 2015), "Perrin Langda & compagnie (Mgv2>publishing - 2015), "Arbre(s)" (éd. Donner à Voir - 2016), "Dehors, recueil sans abri" (éd. Janus -2016)
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2 commentaires pour Thierry Metz

  1. mulm dit :

    ça aussi c’est très fort !

  2. Morgan Riet dit :

    oui, un grand poète !

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