Sous la cognée dans la revue « Verso »

Verso

 

J’ai un livre SOUS LA COGNEE. L’auteur s’impatiente que je n’en cause pas assez vite. Aimer ou pas, c’est justement ce que je ne veux pas trop dire ; enfin, pas directement. Je veux juste donner envie aux saladistes d’aller y voir. Aimer ou pas, c’est une bouffée d’enthousiasme qui rend le poème pas différent d’un carré de chocolat. Donc SOUS LA COGNEE, c’est l’histoire de toute une enfance amenée par les détails minuscules (plaisants ou déplaisants), les objets communs : la première pelle de bac à sable, un feuilleton télévisé, les filles à Roger, les repas à la cantine, la Dyane jaune et pleine à craquer des départs en vacances, les auto-tamponneuses, etc. Mais ce qui fait le livre, surtout, ce sont ses soudaines déchirures dans l’espace-temps « je le vois remonter, mon père / par ce passage à pic / au creux de la falaise / un de ces jours clairs / un peu comme ses yeux // Pourquoi cette image-là / aujourd’hui, pourquoi / même s’il coule d’encre / que l’expression « à pic » / bue, juste avant, dans un livre / n’est pas étrangère à cette / contre-plongée soudaine / du cœur… » (Voyez l’habile homme : il ne vous donne pas la fin de ce poème). Il y en a plein de recueils de poèmes qui content les « souvenirs » d’enfance (voir par ex. FURET de Clara Regy, dont il fut question naguère dans cette Salade), plein de poèmes rien qu’autobiographiques (personne n’a une vie ordinaire), mais pour que ça marche, il faut que je me retrouve dans les mots de l’autre. Que ça cesse d’être un spectacle. Dans SOUS LA COGNEE, ça marche. Ça marche à la De Cornière, je vais même oser. J’espère que cette comparaison normande agréera à Morgan Riet, normand itou. Ah, ça encore ! C’est écrit d’une manière souple, en vers directs, avec ici ou là une image soudaine « dans ma lune / de mire ». Une façon de donner l’impression qu’on est au présent dans l’imaginaire et les sentiments enfantins. Sans en singer le parler. Quant au titre « Sous la cognée du soleil… Sous la cognée d’un regard aimé » est-ce pour dire qu’à l’âge adulte notre enfance nous semble à terre comme un arbre abattu ?

SOUS LA COGNEE, Morgan Riet, 80 p, 8 €. éd. Voix tissées, 105 av. Aristide Briand – 92120 Montrouge

Revue VERSO n°173 – juin  2018 – Rubrique « En salade » par Christian Degoutte (présentation succincte et poèmes de l’auteur sur le site Terre à ciel)

 

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A propos Morgan Riet

Né en 1974 à Bayeux dans le Calvados. Y réside toujours. Ecrit parfois. Textes publiés dans les revues suivantes : Décharge, Comme en poésie, Cairns, Ecrit(s) du Nord, Recours au poème, Créatures, Gros Textes, Friches, L'Autobus, Traction-brabant, Microbe, Poésie première, Florilège, Le Capital des mots, Francopolis, Mauvaise graine, Poésie/Seine, les Nouveaux cahiers de l'Adour, Inédit Nouveau, les Tas de mots, Libelle, Ce qui reste, les Amis de Thalie, 17 secondes, l'Herbe folle, les Cahiers de poésie, les Cahiers de la rue Ventura, Verso et Paysages écrits *** Recueils et plaquettes : "Lieu cherché, chemins battus" (éd. Clapàs - 2007), "En pays disparate" (même éditeur - 2010)," Midi juste environ" (auto-édition - 2011), Du côté de Vésanie, illustré par Matt Mahlen (éd. Gros textes - 2012), ça brûle (-36° édition - 2012), "Quelque chose", photos de David Lemaresquier (éd. Les Tas de mots - 2013), "Vu de l'intérieur" , illustré par Hervé Gouzerh (éd. Donner à voir - 2013), "A fleur de poème", illustré par Matt Mahlen (même éditeur - 2016), "Sous la cognée" (éd. Voix tissées - 2017), Chute de fiel / Sang & Diesel (éd. Gros textes - 2018) *** Ouvrages collectifs : "Visages de poésie" - tome 6 - de Jacques Basse (éd. Rafael de Surtis - 2012), "L'insurrection poétique" - collection Po&vie (éd. Corps Puce - 2015), "Perrin Langda & compagnie (Mgv2>publishing - 2015), "Arbre(s)" (éd. Donner à Voir - 2016), "Dehors, recueil sans abri" (éd. Janus -2016), Au fond des yeux #2 – Yvon Kervinio (éd. l’aventure carto – 2017), Duos – 118 jeunes poètes de langue française né(e)s à partir de 1970 – Anthologie dirigée par Lydia Padellec – Bacchanales N° 59 (Maison de la poésie Rhône-Alpes - 2018)
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2 commentaires pour Sous la cognée dans la revue « Verso »

  1. annaondu dit :

    Bien !

  2. Morgan Riet dit :

    Merci, mon capitaine !

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