Mot à Maux n°8

Mot à Maux n°8

48 p – 4 € – photographie de couverture : Daniel Brochard

Au sommaire de ce n° : Adrien NasoneOdile Fix – Alain Morinais – Jacques Sicard – Serge Ritman – Victor Malzac – Thierry Radière – Nicolas Rouzet – Catherine Andrieu – Morgan Riet

 

Un extrait :

Fragment 8

En voie de dispersion
je me pourchasse

Je chasse mes disparitions
mes passages du tout
et de travers surtout

Je me traque
je me troque
je me tracasse
je me casse
en morceaux mille merveilles

Je m’éveille ensuite
en sueur
perles poèmes
et poudre éphémère

Je quête des chagrins grains de grivoiseries passagères
et m’amuse de mes mesquines mascarades
prise et surprise entre utopie et toupies

Je joue avec la langue et les mots
comme un enfant avec la vie qui va
Ou comme un chat
prenant le monde
pour une pelote de laine.

Adrien Nasone

 

… un petit autre :

A perte de temps

Se retrouver seul
face à la mer
quand le jour se penche de l’autre côté
ou dans la neige brûlante
à toucher du bout d’un sommet le soleil
entre deux nuages d’écume
sans savoir qui
de la mer ou du ciel a le bleu de l’heure

Et se demander vraiment
suis-je encore vivant

Ce rêve de vouloir
à perte de temps

Alain Morinais

 

 

Pour commander ce n°,  vous pouvez contacter par mail Daniel Brochard à l’adresse suivante : brochardda85@gmail.com

Pour le blog de la revue, c’est par

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Philippe Simon

Philippe Simon

176 p – 15 € – auto-édition*

 

Un extrait de ce recueil réunissant chansons et poèmes :

 

 Les gens de ton village**

Tu me parles sans fin des gens de ton village
Tu me dis leurs chagrins leurs amours leurs courages
Jean-Louis le quincailler Sylvie la boulangère
Antoine le boucher Fabienne la postière
Léon le mécano le roi de la bricole
La belle Marie-Do la maîtresse d’école
Raymond le pharmacien Pauline l’infirmière
Qu’on élira demain madame votre maire

Tu mes les as tant dits
Que je crois les connaître
Que je suis leur ami
Du moins je voudrais l’être
Les jours semblent si bons
Là-haut dans ton village
Bâti sur l’horizon
D’une vie sans orage

Ils sont là près de nous les gens de ton village
Les yeux calmes et doux comme des enfants sages
Jean-Louis scelle son mur Sylvie taille ses roses
Antoine aime Fabienne et voilà qu’il ose
L’inviter à danser au grand bal de l’école
Léon et Marie-Do dansent la farandole
Sur le noir du tableau en lettres demi-rondes
Une main ce soir a écrit la lune est blonde

Tu me les as tant dits
Que je crois les entendre
Me parler en ami
M’aimer et me comprendre
Je suis déjà près d’eux
Là-haut dans ton village
Et nous sommes heureux
D’un bonheur sans orage

Nous habitons près d’eux tout en haut du village
Un troisième garni douillet comme un nuage
Jean-Louis passe nous voir Sylvie ne sait quoi faire
Pour nous être agréable Antoine a la manière
De peser un kilo pour le prix d’une livre
A ce poids-là la vie vaut la peine de vivre
C’est d’entendre Raymond le dire et le redire
Que je crois que l’amour est la drogue à prescrire

Et tu m’en prescrits tant
Que je suis fou peut-être
De croire que le temps
S’arrête à la fenêtre
Que le ciel est ici
Plus qu’ailleurs sans orage
Parce que j’ai franchi
Le seuil de ton village

 

*Pour  pouvoir vous procurer l’ouvrage, vous pouvez contacter l’auteur à l’adresse courriel suivante : ph.simon-bouet@orange.fr

**Mis en musique par Joël Becquet, interprété par Christian Cornu

 

Philippe Simon était présent, il y a peu de temps de cela, au Printemps de Durcet, comme on peut le voir sur le Biloba de Jean-Claude Touzeil, juste

 

 

 

 

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Portulan bleu

portulan bleu

68 p – 10 € – illustration de couverture : Matt Mahlen éd. Voix Tissées

Au sommaire de ce n° : Régine Beauvais – Marguerite Bertoni – Anne-Lise Blanchard – Francine Caron – Delphine Cavagné – Cloé Corréas – Chantal Couliou – Andy Davigny – Bernard Devaux – Jean-François Forestier – Marie-Christine Frézal – Mona Gamal El Dine – Anne Gary – Françoise Geier – Chantal Godé-Victor – Claire Grosjean – Rébecca Gruel – Michel Hugues – Alix Lerman Enriquez – Claire Inchusta – Ingrid Ley – Matt Mahlen – Martine Magtyar – Cyril Pannier – Denis Parmain – Jacqueline Persini – Irène Philippin – Michel Pialoux – Yves Piel – Robertson Pierre – Marie-Claire Popette – Morgan Riet – Marie-Thérèse Schietsch – Gerhard SpillerTara – Jean-Claude Touzeil – Joël Vincent

Un extrait :

Tu marches
un pas en avant
et deux pas en arrière

entre un arpent de terre
et un morceau de ciel

que tu découpes
le matin dans ta tête

avec les ciseaux
chapardés dans la nuit

au magasin des rêves
qu’enfant tu dessinais

sur le tapis du temps
qu’en ce temps-là

tu conjuguais
au futur simple.

Chantal Godé-Victor

 

Le prochain n° aura également pour thème « poète, et alors« . Vous pouvez envoyer vos contributions jusqu’à fin avril 2019, à l’adresse suivante : voix.tissees@gmail.com pour une sortie lors du Marché de la poésie de Paris, 5-9 juin 2019.

 

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Jardin(s)

jardins

56 p – 8 € – éd. Donner à Voir – dessins de Daniel Moreau

« […] Ce livre tient à la fois du refuge et du sanctuaire. Trente six poètes et un plasticien ont choisi d’y cultiver leurs arpents « les mains sur la charrue du vocabulaire » , semant qui des soucis qui des pensées sauvages pour célébrer simplement la vie, diverse et variée, fragile et entêtée, sacrée et menacée. […] »

Daniel Clérembaux

 

Les jardiniers de ce livre : Colette Andriot – Paul Bergèse – Antoine Boisseau – Dan  Bouchery – Alain Boudet – Léon Bralda – Michel Bruneau – Francine Caron – Georges Cathalo – Eve Cazala – Arlette Chaumorcel – Daniel Clérembeaux – Chantal Couliou – Gérard Cousin – Olivier Cousin – Marie Desmaretz – Jean-François Forestier – Jean Foucault – Thierry Gaudin – Erwan Gourmelen – Guillaume Guérard – Benjamin Hopin –  Valérie Huet – Patrick Joquel – Christophe Jubien – Francis Krembel – Michel Lautru – Marilyse Leroux – Béatrice Libert – Michèle Lévy – Martine Magtyar – Daniel Moreau – Nicole Olivier – Jacqueline Persini – Morgan Riet – Joël Sadeler – Jacqueline Saint-Jean – Jean-Claude Touzeil

 

Un extrait

 

En automne
Seul le brouillard s’avançait
Posant ses limites
Au-dessus du grillage

C’était ainsi depuis des années

Et puis
Pour tes dernières saisons
La toile d’araignée
Des promoteurs immobiliers
A eu raison
De ta modeste maison.

Michel Lautru

 

 

L’anthologie est dédiée à Francis Krembel, disparu récemment, qui a publié deux recueils (Claudicants et Dans l’atelier du jour ) aux éditions Donner à Voir.

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Sanda Voïca

Sanda Voïca

80 p – 14 € – éd. Lanskine

 

 Quelques extraits :

 

Aimer l’hiver,
avec sa neige haute
persistant des semaines
de l’enfance
quand elle a gardé dans ses velours
les formes pures de mon corps.
Mais lui préférer par-dessus tout l’automne,
quand seulement sa lumière
– très large cheminée –
permet l’évasion.

*

Que faire de la fille partie ?
Je la mets ici,
Je la mets là,
Jamais à la bonne place.
Je rogne les cases,
les jours et les nuits,
je grave son nom
mais il ne reste pas.
Je la repose sans fin
dans des lieux très différents
sans qu’elle y reste.
Sans place
Sans endroit.
Elle flotte
Je flotte
Nous traversons les airs
les terres
les chemins battus
et inconnus.
Nous ne sommes jamais
à notre place.

*

Je cherche l’insecte
dans les mottes de terre
que je retourne dans mon jardin.
La fille n’est plus ici
n’est plus aussi souvent dans mes rêves
n’est pas assez dans mes lignes.
Elle s’est réfugiée dans cet insecte
qui traverse les mottes
pendant que je jardine.
Je l’ai à peine vu hier
dans la terre bien noire
et aérée.
Je recherche aujourd’hui
l’insecte dans la terre :
depuis hier,
depuis deux ans,
depuis sa naissance.

Je n’ai pas perdu l’espoir
de la revoir passer –
demain je vais retourner la terre
pour les plantations d’hiver.

 

 

Un extrait d’un tout autre livre de Sanda Voïca est à lire ici sur mes chemins battus.

Je vous invite également à découvrir son site intitulé « Le livre des Proverbes nouveaux« 

 

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François-Xavier Farine

françois-xavier Farine

16 p – 4 € –  aérolithe éditions*

 

Quelques extraits :

7.
Je me souviens que Rimbaud fut le premier
à faire entrer une sorte de rêverie sensuelle
dans le corps du poème avec cet alexandrin
merveilleux :
« Par les soirs bleu d’été, j’irai dans les
sentiers » (…)

11.
Je me souviens que Rimbaud déroba des
pigments de peinture (très onéreux) chez
un marchand d’art et qu’une brute épaisse
voulut lui faire la peau. Rimbaud s’était
planté face à lui et avait lancé : « Désolé,
Monsieur… mais je ne me bats pas
avec les chevaux !« 

16.
Je me souviens que Rimbaud avait publié
Une saison en enfer à Bruxelles, à compte
d’auteur.
Au moment de recevoir tous ses
exemplaires, il n’avait pas assez d’argent
pour payer l’éditeur.
La plupart des livres sont restés dans des
ballots de toile de jute, au fond d’une cave,
en Belgique.

 

 

* Commande à : aerolitheeditions@free.fr

On peut également retrouver François-Xavier sur son blog « Le feu central » dans lequel il rend compte de ses lectures, partage de temps en temps des poèmes, des textes de son cru.

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Franck Achard

Franck Achard

66 p – 13 € – Christophe Chomant Editeur

 

Un extrait :

Il faudrait revivre l’enfance avec nos yeux d’ici, retourner dans ce lieu scellé sous les paupières du temps, et attendre. Attendre qu’il neige et bondir avant même le premier flocon, pour jouir enfin de toute la blancheur du froid. Attendre la gifle et se baisser  au tout dernier moment, laisser la main fouetter le ciel hors de nous. Attendre la fille et lui planter sur les lèvres un baiser quand elle ignore encore qu’elle nous aime. Attendre la mort et surgir en premier, emporter la proie loin des griffes de l’oubli. Attendre aussi les chutes et se relever avant le choc, les morsures et esquiver avant les crocs, les caresses et songer à les faire durer toujours. Il faudrait enfin pardonner à l’enfant que nous fûmes.

 

A découvrir ou redécouvrir le site de notre auteur, juste

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Christophe Jubien

jubien

74 p – 6 € – éd. Gros Textes

 

Un extrait :

 

La durée

C‘est la province
bonjour l’ennui

de temps en temps
la cloche d’un couvent
un chien qui aboie
des corbeaux qui croassent

me font tourner la tête
vers la fenêtre, alors j’aperçois
s’échappant d’un toit
une petite fumée grise.

Surprendre le moment
où la fumée s’évanouira
pour devenir le ciel immense

est le travail d’une vie
longue et monotone.

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Federico Garcia Lorca

Garcia Lorca

172 p – Poésie/ Gallimard

 

Extraits de son « Livre de poèmes » :

 

 Chanson de printemps

28 mars 1919
;;;Grenade

I

Les enfants sortent joyeux
De l’école.
Ils emplissent l’air tiède
D’avril de leurs tendres chansons.
Quelle allégresse au profond
Silence de la ruelle !
Un silence pulvérisé
Par des rires d’argent clair.

II

Je chemine vers le soir,
Entre les fleurs du verger,
Et laisse sur mon chemin
les larmes de ma tristesse.
Sur la colline solitaire
Un cimetière de village
Semble un champs ensemencé
Avec des graines de crânes.
Les cyprès y ont fleuri
Comme des têtes géantes
Qui de leurs orbites vides
Sous leurs cheveux verdoyants,
Méditatifs et dolents,
Contemplent l’horizon.

Avril divin, qui arrives
Chargé de soleil, de parfums,
Emplis de nids dorés
Tous ces crânes en fleur !

 

Désir

1920

Rien que ton coeur brûlant,
Rien d’autre.

Mon paradis : un champ
Sans rossignols
Ni lyres,
Un ruisseau discret,
Une simple source.

Pas de vent qui éperonne
Les frondaisons,
Ni d’étoile qui veuille
Se faire feuille.

Un jour immense
Y serait
Le ver luisant
D’un autre jour
Dans un champ de
Regards brisés.

Lumineux repos
Où tous nos baisers,
Grains de beauté sonores
De l’écho,
Iraient là-bas éclore.

Et ton coeur brûlant,
Rien d’autre.

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Vignette

Février nous offre aujourd’hui
un avant-goût de printemps.
Un temps idéal
pour prendre l’or
du soleil
et l’air marin.

En deux temps, trois virages,
nous voilà rendus sur la côte,
plongés – gaufres chantilly, joie
plein la bouche – dans la musique
incessante de la mer
et des mouettes ;;;;;;;;;;en contrepoint.
(Et l’on imagine un peu, ici,
Debussy
répondant à l’invitation des vagues
pour se joindre à la fête.)
Sur la promenade,
la foule au rendez-vous,
son chœur léger
dans le vent frais. Et s’achève
ainsi ma carte postale

que j’adresse,
d’un pied de nez,
à mes jours sans horizon
ni lumière aux commissures des lèvres.

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