Royaume

Ce n’est pas rien.
C’est à mourir.

Plus courtes que les jours
les jupes, les robes

sautent dans l’oeil
éclairé du roi,

tandis que mollement
ma pensée les soulève.

Ce n’est pas rien.
C’est à rougir.

Un frisson d’éternité
m’entrouvre les lèvres.

Je décapsule donc
cette image-là.

Une bière plus loin,
me voici pareil

à l’arbre, là-bas :

libre et vassal.

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Radeau

Tout seul, un nuage

dans l’immensité du ciel –

Je rêve d’une île.

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Lydia Padellec

Mélancolie des embruns

56 p – 14 € – avec des aquarelles de Catherine Sourdillon éd. Al Manar

 

Un extrait de la 1ère partie du recueil baptisée « Ile muette » :

Je me suis assise sur un rocher face à la mer. Le soleil et une petite brise sur le visage. J’ai regardé la mer et j’ai commencé à dessiner des  mots en pensée. Ils avaient la forme d’une île, chaque syllabe le grain de sable d’une plage encore déserte. Ils avaient le bruit léger des vagues, un froissement d’ailes dans le bleu.

 

Un autre de cette même partie (la page suivante) :

Puis j’ai regardé mes mains. Paume tournée vers le ciel. Les veines comme des branches fines dépourvues de feuilles. Arbre d’hiver figé dans la neige de la mémoire. Le visage flou d’une petite fille qui me ressemble. Joue-t-elle encore dans un coin de ma tête ?

(On peut lire ici, sur le blog, d’autres textes de Lydia que l’on peut également retrouver et suivre  » Sur la trace du vent » )

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Poésiechroniquetamalle

Poésie Chronique ta malle !

Patrice Maltaverne (poète, animateur de Traction-brabant, créateur des Editions Le Citron Gare … ) a lu « Sous la cognée ». Son point de vue est à découvrir juste

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Jacques Prévert

Prévert - Spectacle

Recueil paru en 1951 (Couverture par Brassaï et Prévert)

 

Un extrait :

Gens de plume

Dans cette ville, les gens de plume ou oiseaux rares faisaient leur  numéro dans une identique volière.

A très peu de choses près, c’était le même numéro.

Les uns écrivaient sur les autres, les autres écrivaient sur les uns. Mais « en réalité » la plupart d’entre eux n’écrivaient que sous eux.

Quand ils volaient, ou accomplissaient le simulacre de voler, avec ailes de géant et grands Pégazogènes, c’était  toujours dans les Hauts Lieux où, paraît-il, souffle l’esprit.

Ils parlaient beaucoup entre eux.

Coiffés d’un grand éteignoir noir, auréolés d’une lumière indiciblement blême.
Ils ne parlaient que d’eux et que d’oeufs :
– Qu’avez-vous pondu, cher ami, cette année ?
Et ainsi de suite et pareillement dans un langage analogue.
Dès qu’on annonçait une omelette, ils venaient casser leurs oeufs.

Certains d’entre eux portaient de grandes manchettes et n’écrivaient que sur elles.

Les jours de fête à la Nouvelle Oisellerie Française on leur jetait parfois des graines, on leur offrait un gobelet.
Dans le grand jardin, une grande foule de grands solitaires, irréductibles, inséparables et néo-grégaires se rencontrait.
Et leur agressive et inéluctable solidarité, chacun étant pour l’autre d’une inéluctable indispensabilité, donnait lieu à de très profonds entretiens musicaux où tous ces oiseaux rares donnaient de concert des solos, et l’on entendait l’unique cri du choeur de leur unique voix de tête, qui d’un commun apparent désaccord chantait le contraire des uns sur le même air que les autres et le même air des autres sur le même contraire des uns.

Mais, dans cette ville, il y avait aussi des Moineaux.

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Cédric Bernard

Cédric Bernard

8 € – éd. Littérature mineure

 

Un extrait :

TKT maman, ça ça va. J’ai jamais su pourquoi mais ça ça va. Madame dit que je progresse. Elle me dit que je progresse elle le dit à tata. Quand je fais un dessin. Elle est fière tata. Tu serais fière maman je vais même au collège. Ça ça se passe ça se passe bien. Des fois il y a trop de bruits il y a trop de cris. Alors je me souviens la porte le placard le noir le tapage sur la porte du placard le noir. Je crois. C’était si long je me souviens même plus de toi. Mais ça ça se passe. J’agrippe les poignées et j’ouvre je ferme je claque le commutateur et j’allume j’éteins. Toutes les poignées tous les commutateurs. Les autres me regardent mais je me  sens je sens l’air et la lumière. Je suis le courant. J’ai besoin d’ouvrir écarter écarquiller tu comprends ? J’ai besoin de t’ouvrir t’écarter t’équarrir tu comprends ? Mais Madame dit que je progresse. Je fais de beaux dessins.

 

D’autres mots de Cédric à lire ici et

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(Fais passer l’poème : Morgan Riet) par Perrin Langda

U-poesis

J’ai lu Sous la cognée (éd° Voix Tissées) à l’envers, comme pour retourner en enfance. Les tours de phrases de Morgan Riet sont de vraies madeleines de Proust… Un extrait où je me suis bien reconnu :

Talonnade, feinte, roulette,
aile de pigeon, amorti
de la poitrine, petit pont,
tête plongeante…

Toutes ces choses
n’étaient pas vraiment dans tes cordes.
Toi, tu jouais gauche à l’arrière,
balisant, quand le ballon déboulait
dans tes guibolles,
te cramponnant souvent
à la seule tactique
que tu maîtrisais
en de pareilles circonstances,
celle imparable
……………………………….du boulet loin devant !

Aussi, tu n’as pas oublié
les leçons de dribble essuyées
et les débordements dangereux
de quelque attaquant sur ton aile
qui s’achevaient parfois,
galop fourbu,
par un bon tacle bourrin
de toi

qui jouait gauche à l’arrière
mais jamais, malgré tout,
en position  ………..de hors-joie.

Morgan…

View original post 2 mots de plus

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Durcet

Durcet 32ème printemps

 

C’est le 32ème Printemps de Durcet !

On y court…

pour y marcher,

lire, entendre

de la poésie !

 

Durcet 2017

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Perrin Langda

glace belladonne

32 p – 5 € – Couverture : encres de Danielle Berthet – éd. de la Pointe Sarène

 

Un extrait :

 

Funambulisme
légèrement
hyperbolique

à droite
en bas
les files
d’autos
comme
des fourmis
à gauche
plus haut
le mur
de pierre
qui grimpe
vers des
paraboles
célestes
et sous
les pieds
le rebord
du trottoir

 

Un autre poème d’un autre recueil de Perrin à lire ici

… et pour son blog, c’est par !

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Sous la cognée

1ère de couv - sous la cognée

78 p – 8 € (+1 de port) – éd. Voix Tissées *

Extrait de l’Après-lire de Sanda Voïca :

« […] Tout est, chez Morgan Riet, question d’écriture et celle-ci ne peut pas être séparée de l’amour. Elle double chacun de ses vers. »La cognée » (qui donne le titre au recueil), est celle, littérale, du soleil, celle de l’amour, et surtout celle des mots nécessaires pour dire les deux :Sous la cognée du soleil, / […] plus d’une fois, j’ai attendu […] / j’ai rebroussé langue, […] sous la cognée d’un regard aimé. (Cognée). »

… et un petit extrait du recueil :

Dyane jaune

Valises entassées
dans la Dyane jaune.
Départ à l’aube
pour des vacances
tout en bas
de la France
au sommet
des Pyrénées.

Tout au long de la route,
la seule musique
du moteur,
citron aigu pressé
en continu dans nos cages
à miel
au fond du pot
de l’abeille au vol lent de papa

et maman reine
du panneau loupé au tournant,
et nous,
sur la banquette en skaï
toute brûlante
de notre impatience,

qui rivions par moments nos quinquets
aux nuages,
aux formes et visages révélés,
qui filions, de la sorte,
sans le savoir,
la métaphore, ;;;;;;;;;;;;;;;;;;pour dépasser les bornes.

 

 

*Pour le commander :Association Vois Tissées – 105, avenue Aristide Briand – 92120 – Montrouge (chèque à l’ordre de l’Association Voix Tissées)

ou via mon adresse : 4, rue Cahier de Gerville – 14400 Bayeux

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