Thierry Radière

104 p – 7 € – couverture : Virginie Dolle éd. Gros Textes

Liste des auteur(e)s évoqué(e)s dans cet abécédaire généreux, fraternel : Max Alhau - Eric Allard - Simon Allonneau - Jacques Ancet - Jean-Pierre Andrevon - Pierre Anselmet - Yves Artufel - Pierre Autin-Grenier - Jean Azarel - Samentha Barendson - Jean-Christophe Belleveaux - Isabelle Bonat-Luciani - Katia Bouchoueva - Dominique Boudou - Laurent Bouisset - Olivier Bourdelier - Richard Brautigan - Christophe Bregaint - Bernard Bretonnière - Charles Bukowski - Emmanuel Campo - Valérie Canat de Chizy - Raymond Carver - Georges Cathalo - Fanny Chiarello - Grégoire Damon - Hélène Dassavray -Eric Dejaeger - Anna de Sandre - Mireille Disdero - Sébastien Doubinsky - Carlos Drummond de Andrade - Louis Dubost - Patrick Dubost - Antoine Emaz - Christophe Esnault - Dominique Fabre - Gilles Farcet - Estelle Fenzy - Jean-Marc Flahaut - Romain Fustier - Federico Garcia Lorca - Sophie G. Lucas - Michaël Glück - Jean-Claude Goiri - Marc Guimo - Paul Guiot - Frédérick Houdaer - Marie Huot - Sabine Huynh - Ito Naga - Benoît Jeantet - Mylène Joubert - Véronique Joyaux - Roger Lahu - Martin Laquet - Perrin Langda - Marilyse Leroux - Jérôme Leroy - Christiane Levêque - Jean-Jacques Marimbert - Jean-Claude Martin - Jean-Louis Massot - Cédric Merland - Vincent Motard-Avargues - Denis Montebello - Fernado Pessoa - Jany Pineau - Jean-Claude Pirotte - Francesco Pittau - Eric Poindron - Patrick Prigent - Serge Prioul - Sofia Queiros - Lou Raoul - Thierry Renard - Morgan Riet - Thierry Roquet - Erwann Rougé - Valérie Rouzeau - James Sacré - Christophe Sanchez - Fabien Sanchez - Sammy Sapin - Guillaume Siaudeau -  Pierre Soletti - Richard Taillefer - François Teyssandier - Marlène Tissot - Florent Toniello - Thomas Vinau - Sanda Voïca - Astrid Waliezek - Fabienne Yvert

              

                 Quelques extraits :



                   Il suffit que je relise
           quelques vers de Federico Garcia Lorca
                 et je me retrouve coincé
                entre deux pages d'herbier
                  la nuit dans un jardin
                  aux couleurs vagabondes
           à me poser des questions métaphysiques
                    à parler à la lune
                  à étouffer à petit feu
                   à me taire d'émotion
             à espérer tout du souffle du vent.



                            *


                  Il suffit que je relise
             quelques vers de Marilyse Leroux
                   et je suis emporté
                     dans le courant
                de ses îlots concentriques
                   incapable de réagir
                    sinon en me pâmant
                       à la dérive
               avec l'espoir de me sentir
                    encore plus proche
                   des éléments marins
             à l'origine des émotions vitales
                    et des rêves futurs.



                           *


                Il suffit que je relise
       quelques vers de Vincent Motard-Avargues
               et je sens monter en moi
               ce désir si bien exprimé
                       chez lui
                  de ne jamais perdre
                    une seule miette
                   de cette existence
                 (en forme de murmures
                 bruissements et danses)
                  que nous menons tous
                  sans jamais en parler.
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Contre-allées n°43

Quelques extraits : 48 p – 5 € (abonnement 16 € pour 4 n° *) – couverture : Valérie Linder

Au sommaire de ce n° :

Etienne Faure (invité) – Daniel Birnbaum – Eric Jaumier – Victor Malzac – Benoît Reiss – Emmanuel Damon (entretien) – Bernard Moreau (entretien) – Christiane Veschambre (fonds) – Germain Roesz (éditeur)

Quelques extraits :


     Ça se mesure

J'avais revu ces deux amis
un jour de solitude
c'est étrange de dire ça
parce qu'en principe
quand on rencontre des amis
la solitude prend fin
mais là c'est le contraire
qui s'était produit
je m'étais senti encore plus seul
sans savoir pourquoi
peut-être
parce que l'amitié ça se mesure
et qu'ils étaient plus amis entre eux
que chacun avec moi
ils parlaient 
et au lieu de les écouter
je regardais le ciel
cherchant l'approbation des oiseaux de passage
pour disparaître.



   Ratage

Il me dit
en me montrant le catalogue
ils disent qu'il faut avoir fait ça
au moins une fois dans sa vie

la photo est belle
elle donne envie
elle est faite pour ça
la formule aussi
parce que sinon
on a l'impression qu'on rate quelque chose
peut-être sa vie carrément
c'est dramatique de rater sa vie
je ne dis rien
parfois je préfère rater mes envies

peut-être y-a-t-il déjà dehors
la première fleur du printemps.



                    Daniel Birnbaum




* 16, rue Mizault – 03100 Montluçon (chèque à l’ordre de Contre-allées poétiques)


Le site de la revue, juste 



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Robert Nash

93 p – 17 € – éd. Revue A l’Index (pour le commander* : Jean-Claude Tardif – 11, rue du Stade -76133 Epouville)

Quelques extraits :

Quand je regarde ce qui m'entoure
mon regard ne se perd pas.
Les années ont vu s'éloigner
bien des êtres, bien des choses,
l'espace s'est élargi autour de moi,
le vide a pris sa place
toute sa place.
Sur l'étagère quelques livres
me tiennent encore compagnie
Thoreau, Carver, Emerson
et autant d'auteurs français.
Près du lit une photo
Catriona sourit
elle tient Lee dans ses bras.
Le temps ne fait aucun bruit
seule la porte grince parfois.






J'aimerais pouvoir écrire autre chose,
parler de la vie, des rues,
de l'agitation des hommes
et de la beauté des femmes que je ne connais pas.
J'aimerais décrire un rire d'enfant
et dans la seconde suivante,
un de ces chagrins qui fait hoqueter
et murmurer des mots d'amours,
des phrases faites de tendresse.

J'aimerais tant écrire
comme je ne puis le faire.
Alors les yeux fixés sur le soleil
qui s'engouffre dans les branches,
s'écorche aux aiguilles des pins
je me dis simplement :

Demain peut-être.






Passé la matinée à suivre une colonne
de fourmis.
Les occupations ne me manquaient pas, pourtant !
Bouteilles de bière vides à jeter,
assiettes sales dans l'évier ;
Lettres à écrire sans les envoyer, souvent.
Et cependant là, à regarder les fourmis
leur longue marche au bas du perron.
Leur nombre est infini
Je les suis des yeux, elles se ressemblent toutes,
sont semblables l'une à l'autre !
jusqu'où irai-je en leur compagnie
moi qui ne me ressemble plus depuis bien longtemps
finiront-elles par m'apercevoir,
m'accepter ?

*chèque libellé à l’ordre de Association « Le Livre à Dire »

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Revue L’Air de rien

32 p – 3 € – éd. de l’Aigrette (pour commander, c’est ici)

Illustration de la couverture : Pascale Parrein

Au sommaire de ce n° :

Un extrait :

        Rain   

Les informations suent et pullulent - ça fait un épais mélange
une crasse sordide l'obstruction l'embouteillage dans ta caboche
râtée - c'est pour la compréhension
Rails parallèles et wagons enchâssés
L'image est propre tout est rangé

Toi, tu es à pieds
- tu fais la perpendiculaire
Tu marches en travers le contrepoids le contrechamp
Je sais pas - tu fais un truc / la perspective en fait

Et t'entends mal quand t'as de la fiente dans les yeux
Et j'entends mal moi aussi
---------------------pour les mêmes raisons

C'est comme le hérisson ou le renard la nuit
Tu sors quand il fait clair
Attaques sur le sol - les pas sont prononcés
grande muraille silencieuse pourtant un certain goût du rythme

Quand même
Quand même

Tu sais voir la nuit
moi les feux de croisement
Mes doigts dessinent des courbes le train n'est pas parti
Images éparpillées Under the skin
Et les étoiles
sur l'herbe mouillée tu joues aux billes avec
moi j'en fais des colliers

--------------------------lucioles
sur le balcon, tête en arrière et bouche ouverte
gouttes d'eau tombent - langue gouttière
dans au ralenti pour un jeu frais et franc

se rafraîchir la couenne - désembuer la Caverne
Et ce foutu plexus
car cette nuit a pris trop de place

au petit matin, sur le clavier finalement
n'écrire que le mot pluie
et en anglais rain c'est presque run

                       Cartographie Messyl

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Longues-sur-Mer

Chemin côtier
frôlant le bord
vertigineux,
ligne de fuite
déroulée à
vélo rêvant.

	Et juste là,
à l’angle
où mon regard
s’élance
et plonge,
et puis décolle,
les falaises que ronge
l’obsédant choeur des vagues,
ces falaises qui forment
comme une échancrure de ronces
	et d’herbes 

à la robe de galets de la plage.

Et, bien sûr, tout cela
	me va
comme un poème
qui monte au beau
milieu du pont
du mois de mai,
comme un poème
qui monte
et prompt

à me traverser en danseuse jusqu’au soir.
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Giroflée

Ainsi
de longues plages
de solitude et de silence
que rien ne semble
importuner, ni dévoyer.
Pas même, en ce moment,
cette basse continue du lave-vaisselle
qui emplit et berce la pièce.

De longues plages, dis-je,
foulées
par la mémoire,
de long en large,
et si souvent agitée de bric et de broc,
avant que tout ne vienne –
	par la force d’un souffle
	sur je ne sais quel feu –
s’éclaircir, s’ordonner, s’harmoniser, 
un tant soit peu,
dessous la voûte
de mon crâne et du ciel,

où trouve enfin sa place
cette giroflée dressée, là-bas, sur le bord du mur
qui, depuis quelques jours,
traînait en rond l’image
	de sa beauté,
	entre mes mots.

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Pas par quatre chemins

52 p – 8 € – éd. Donner à Voir

La quatrième de couverture :

… et un extrait :

… et, enfin, pour aller plus loin, si ça vous dit : le bon de commande juste

+ le blog d’Hervé Gouzerh à découvrir ou redécouvrir en passant par ici

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Vincent Motard-Avargues

140 p – 12 € – éd. Aux cailloux des chemins

    Un extrait :


me voilà devant cette maison familiale
à quelques mètres à peine de la plage

les rives de Lacanau-Océan se remettent lentement
d'un été un peu trop ardent et vif

les rues se parent de nombreuses flaques molles
le ciel est gris comme un lendemain d'ivresse

j'ai de la poussière dans les yeux
et de la brume dans le coeur

un sourire voilé d'hiers évaporés
et une larme discrète au coin de la mémoire

pendant un très court laps de temps
cette maison... un peu ma propriété

propriétaire éphémère de mon passé
de mon enfance... d'une errance

je me vois sur cette balançoire fragile
apaisé par l'écume en l'air

du sable jusque dans les os
de l'iode comme du sang bleu

allongé sur ce matelas de mousse usée
bercé par les mouvements du vent et du rien

assoupi par la mélodie du vivre dans la rue
les voix / rires / cris des inconnus / étrangers

étranger je l'étais assurément bien que vivant là
étranger je l'étais assurément bien que respirant

ce parfum d'ici
ce(s) lieu(x) d'être(s)





A propos de ce recueil, je vous invite à lire notamment la note de lecture que lui consacre Jacques Morin sur le site de la revue Décharge

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Départ

Il est parti,
le jeune homme, en avril.

Oh, si troublant,
là, aujourd’hui,
ce ciel trop bleu
pour être vrai,
et où, par-dessus tout,
le soleil braille

si froid au vent, aux arbres,
aux oiseaux,		son absence...


Il est parti,
le jeune homme. Et avril,

comme un citron
que presse
le temps  –
en contrepoint de toutes peines  –
ne peut que s’exprimer
avec foi, avec force,

continuer sans relâche
son lent travail	de feuilles.
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Daniel Birnbaum

84 p – 7 € – illustration de couverture : peinture de l’auteur éd. Gros Textes

Quelques extraits :


Et dire que bouteille et fenêtre
ont tant de points communs

toutes les deux s'ouvrent

sur une attente


*


La mouette se pose
sur le rebord
et tape au carreau

c'est comme si soudain
la fenêtre devenait hublot


*


Ce matin tu guettes
le moindre frisson du ciel
depuis la fenêtre

tu cherches dans les nuages
une façon d'avancer





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