Marilyse Leroux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

58 p – 6 € Illustrations : Thierry Tuffigo – éd. L’ail des ours*

 

Un extrait :

 

Au milieu du champ
le chêne élève une cathédrale
à la gloire du jour
son chant ne lui suffit pas.

*

Il veille sur son carré d’herbe
avec ses légendes
ses nids à secrets

Ceci est mon espace dit-il
mon espace et ma maison.

 

* 24, rue Marcel Gavelle – 02200 Mercin et Vaux – Courriel : aildesours02@orange.fr

*Abonnement : 25 euros les 6 n°

 

 

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Cairns n°26

cairns 26

Cairns n°26 – 60 p – 9 € (abonnement pour 2 n° : 15 €)*

Au sommaire de ce n° :

– Edito-poème de Patrick Joquel

– Textes de :

Flora Delalande – Dany Vinet – Claire Kalfon – Lydia Padellec – Jean-Jacques Nuel – Patrick Quillier – Morgan Riet – Marion Lafage – Dominique Mans – Marilyse Leroux – Jacqueline Persini – Kévin Broda – Alain Freixe – Claude Ribouillault – Daniel Birnbaum – Nadine Travacca – Fabrice Marzuolo – Michel Séonnet – Georges Cathalo – Jean-Philippe Sedikkhi – Andréa Giramundo  – Alain Chiche – Claire Raphaël – Aude Larmet – Djurdja Raskovic – Jean-Claude Touzeil – Claude Held

– Rubrique Pour une bibliothèque idéale  – note de lecture de Patrick Joquel à propos des livres suivants :

Eloge du caillou – Marie Loiseau (éd. Gros textes) – Irréconnaissance, poésie noire de la lumière blanche – Youssef Branh (Les éditions du net) – Du soleil, sur la pente – Morgan Riet (éd. Voix Tissées) – Les mots sont des tam-tams – Kouam Tawa (éd. Tertium) – Ma cigalière – Paul Bergèse (éd. Les Carnets du Douaheul) – Les cinq saisons – recueil collectif (éd. Corps Puce) – Pour avoir vu un soir la beauté passer – anthologie (éd. Le Castor Astral) – A la recherche du mot perdu – Colette Andriot (éd. L’Atelier des Noyers) – Mes premières fois – Jacques Ferlay (Les éditions du tanka francophone) – Sur les ailes du poème – Chantal Couliou (éd. Voix Tissées) – Neige d’amour – Jane Hervé (éd. du Guetteur) – Qui va avec ailes – Luce Guilbaud (éd. Les Carnets du Dessert de Lune) – Frontières – 73 poètes (revue Bacchanales n°62 / Maison de la poésie Rhône-Alpes) – Hop hop hop je grandis – Marcella (Interéditions)

 

Quelques textes retenus pour ce n° :

 

Le courage des rêveurs

Le monde ne tourne plus rond
depuis qu’on empêche les rêveurs
de rêver
Tout va trop vite
le Temps c’est de l’argent
on court après les trains
on court après le bruit
on court après la vie.

Les rêveurs marchent lentement
en arrêt devant un paysage
ils imaginent
un nouveau monde
où tout est encore possible.

Les rêveurs ouvrent des fenêtres
dans le silence des aubes dorées
où jaillissent des roses sauvages.

Lydia Padellec

 

Nashville

je ne sais pas si ma petite-cousine
ira loin
dans la voie qu’elle a choisie
mais elle est déjà partie
aux Etats-Unis
(état du Tennessee)
avec sa guitare et son harmonica
pour tenter sa chance
dans la country

je ne sais pas si elle ira loin
mais elle a déjà fait la moitié
du chemin

Jean-Jacques Nuel

 

Bivalence

Courageux comme un timbre-poste
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;(Philippe Soupault)

 

Le courage de l’enfant marchant dans la nuit
Le courage de qui traverse le désert
Le courage de celui qui nage à contre-courant
Le courage de dire oui
et celui de dire non
Le courage de prendre parti
et celui de lâcher prise
Le courage de qui se bat comme un malade
et celui du soldat qui refuse de tirer
Le courage du facteur Cheval
et celui de Poulidor
Le courage de finir
et celui de ne pas finir

Jean-Claude Touzeil

 

 

*Cairns est édité par les éditions de la Pointe Sarène ( 5 traverse de l’orée du bois – 06370 Mouans-Sartoux) et les éditions associatives Gros Textes (Fonfourane – 05380 Châteauroux les Alpes)

 

 

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Jean-Claude Tardif

J.C Tardif

12  € – 74 p – éd. EditinterPhoto de couverture : Juliette Tardif

 

Un extrait :

 

Le jardin tenait du dictionnaire de mots,
les voyelles y avaient des odeurs
d’herbes coupées, de romarins
et de temps simple.
Les consonnes
dormaient dans l’ombre du pommier,
en tas ; on les avait gaulées au matin
avec nos complices les primevères.
Notre instituteur
fumait du tabac gris
roulé au silence de ses doigts.
Il gardait pour ses yeux
les phrases qu’il ne nous dirait pas
mais que nous savions
comme une éclaircie.

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Fugue

Je ne compte plus
les lapins posés
;;;;à l’amour,
;;;;à l’amitié ;

je ne compte plus
les rendez-vous
gâchés, minés
de maladresse,

ni non plus les lopins
de silence, les regrets
de sable qui en découlent,
sous la lanterne rage

;;;;;;;;;;;;;;du cœur –

ah ! lui, lui, lui,
toujours et encore lui,
qu’une absence de filtre
fait ainsi battre,

;;;;parler aux autres
;;;;et détaler, au mieux,

;;;;;;;;;;;;;;à l’emporte-rêve.

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Comme en poésie n°80

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

84 p – 4 € ( abonnement 15 € pour 4 n°) *

 

Au sommaire de ce N° :

Catherine Andrieu – Eric dausse – Hervé Jamin – Vincent Cadet – Line  Szöllösy – Faustin Sullivan – Morgan Riet – Guy Chaty – Claude Albarède – Stéphane Breton – Isabelle Le Toulec-Khettab – Bernard Picavet – Cécile Voiset – Marc Liênet – Jean-Marc Couvé – Irena A.Peira Gouge – Colin Bertrand – André Nicolas – Pierre Mironer – Claude Minière – Jean Chatard – Gérard Le Gouic – Victor Ozbolt – Pascal Mora – Hervé Lesage – Mireille Podchlebnik – Jean-Pierre Lesieur – Czeslav Milosz – Ludovic Chaptal

 

Extraits :

L’enchantement

Nous aimons la géographie, ses creux et ses bosses
les abécédaires et les atlas jaunis
les îles sous le vent, les quarantièmes rugissants

la mer qui attend son heure
la montagne qui supervise minéraux et minerais
le désert qui lâche sa soie, ses fleurs d’une seule nuit
et les forêts denses comme des pensées scientifiques

nous aimons la géographie
et nous aimons la mer et sa houle d’argent
où plonger à midi quand le soleil tient l’équilibre

et nul message dans le bonheur d’être
sinon d’être message

Line Szöllösy

 

Temps mort

Lorsque pépé tournait en rond
Ainsi qu’un poisson dans son bocal
Que même ses mots s’égaraient
Nous enfants coquins on l’imitait

Sans savoir qu’il avait quitté
L’océan pour un lac nauséabond
Où tyrannisés par les piranhas
Les poissons zèbres s’entassaient

Ils rêvaient de pain chaud et de sommeil
Mais s’écaillaient à édifier des digues
Et beaucoup flottaient à la surface
On ignorait ce qu’était Buchenwald

Un jour enfin il revit l’océan
Vogua sur les flots rayonnants de l’aube
Sans poissons zèbres ni piranhas
Mais le spectre du lac resurgissait

Lorsque pépé tournait dans son bocal
Nous enfants coquins on l’imitait
Sans savoir que pour lui Buchenwald
Ne s’arrêterait jamais

Victor Ozbolt

 

* chèque à l’ordre de Comme en poésie à l’adresse suivante : Revue Comme en poésie – 730, avenue Brémontier – 40150 Hossegor

 

 

 

 

 

 

 

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Suite florale

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Faisons preuve
d’indulgence,
de bienveillance …
Laissons-les croire,
dans le ballet de leurs tiges,
qu’elles sont des étoiles.

 

 

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Comme jaillissant
d’un sol tourmenté,
elle claironne
– noir sur blanc –
au vent qui la courbe,
que rien n’entravera, ce jour,
le chant de sa splendeur.

 

 

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Selon mon fils,
un abricot se serait glissé
en haut, à droite de l’estampe.

Je fais confiance au fruit
de son imagination
n’ayant nul besoin, pour éclore –
au cœur des épis, des graminées – de pavot.

 

 

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La rumeur a fait le buzz, s’est répandue même
comme une traînée d’ailes
parmi nombre d’insectes
amateurs de sensations fortes :

Aurait poussé, dans un jardin,
;;;;;;;;;;;;;un parc géant
plein de tourniquets et de toboggans.

 

 

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Il y eut une fois
un homme
perdu dans son dédale ;
et puis vint une femme
;;;;;avec tous ses arômes –
;;;;;pour fil d’Ariane.

 

 

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Exposition visible, depuis le mercredi 11 décembre 2019 jusqu’au dimanche 5 janvier 2020, à la médiathèque intercommunale Les 7 lieux (Bayeux)

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Ban

Des jambes longues
comme langue pendante
du loup de Tex Avery,
des jambes fines
sous une jupe courte
que caressent les bruits
insistants de la rue…
Et s’ajoute à cela
un déhanché de fée
dont la magie agite
le regard qu’elle aimante.
A chaque pas, ainsi,
la preuve en feu est fête :
la jeune femme sème
une pluie torrentielle
;;;;;;;;;;;d’étoiles,
autour d’elle, sur le trottoir,
qui constelle ma tête.

Et mon sexe applaudit.

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Michel Robakovski

 

 

 

 

 

 

 

56 p – 25 € – Christophe Chomant éditeur24 textes accompagnés de gouaches par l’auteur

 

Extrait :

 

Shiraz – (Iran)

Juste un jardin,
une ombre d’arbre et un banc
pour oublier le foulard obligé,
et sans bruit
se donner la main.
Un homme, une femme.
Des millénaires d’histoires taillées
dans la pierre avec la pointe du temps.
Le temps qui n’est plus au sentiment
même si les voyelles des villes
résonnent des poètes de l’amour.
Hafez, Ferdowsi,
Khayyâm, Saadi.
Mille mosaïques,
autant de soleils
reflètent l’instant d’une rencontre.
Mais le silence s’ensable d’un baiser.

 

Une de ces géographies de gouaches qui parsèment l’ouvrage

 

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Jacques Prévert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

312 p – éd. Folio/Gallimard – Couverture : « Le mouvement des marées » (détail) Collage de Jacques Prévert

 

Extraits :

Eléphant…

Eléphant
je pense souvent à toi
quand je suis tout seul
quand je suis avec les autres
quand je me promène dans la campagne avec une
;;;;;;;petite badine
quand je me lave les dents le matin
et quelquefois quand je dors ton grand corps se
;;;;;;;promène dans mes rêves
Ce n’est pas du respect que j’ai pour toi
je n’ai pas non plus de tendresse comme on dit
je ne suis pas ton ami
je pense à toi comme ça
Je sais que tu existes encore
et je suis content
Tu es le grand animal
je connais tes oreilles
Enfant je suis monté sur toi dans un jardin
je t’ai vu dans les documentaires
je t’ai vu à Hambourg
je t’ai vu en breloque en pain d’épice
je t’ai vu sur la gomme éléphant
Je te vois tel que tu es
Présent comme une véritable chose vivante
Et tout ce que les hommes racontent sur toi
me fait rire
du mauvais rire
Deux points
Que tu te caches pour faire l’amour
que tu te caches pour mourir
Et que les poils de ta queue portent
bonheur aux amours des humains
Eléphant
Tu es plus beau qu’un nuage
Le nuage pleut quand il crève
mais toi tu te fous des marchands de parapluie
Et quand tu te promènes avec ta femme et tes
;;;;;;petits dans ton paysage
Tu es plus beau qu’un nuage
Une véritable chose vivante
Tu ne collectionnes pas les timbres-poste
Tu ne portes pas comme l’homme des lunettes
en fausse écaille de tortue
Et quand captif tu passes dans les villes
Tu es indifférent aux choses compliquées
Un homme te pique les fesses pour que tu ailles
;;;;;;plus vite
Et tu cours plus vite pour ne pas contrarier le
;;;;;;moustique
Si vous arriviez en retard on le foutrait à la
;;;;;;porte du cirque
et tu n’y tiens pas – tu cours –
Tu as une drôle de façon de courir
Tu as une drôle de façon de te souvenir

Tu es une véritable chose vivante je ne t’oublie pas
Je pense souvent à toi… je te serre la trompe.

 

La dernière petite feuille

La dernière petite feuille d’un arbre
frissonne
dans le vent froid qui lui apporte
les pas du bûcheron

 

 

L’enfance …

L’enfance
dans le lointain de la jeunesse
l’adolescent la méprise et ne veut pas l’entendre
ce n’est plus moi dit-il
c’est un petit qui ne sait pas ce qu’il dit
mais le petit dit ce qu’il sait
même et surtout quand il se tait
;;;;L’adolescent grandit
il n’a pas étouffé tous les cris
Il n’a effacé ni les
rires ni les larmes…
;;;;Les éducateurs
veulent le jeter dans le grand pareil au même
il ne veut pas penser au pas
il ne veut pas rêver à la baguette…

il veut l’enfance.

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Traction-Brabant n°85

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

56 p – 2,60 € (abonnement 13 € pour 5 n° *)

Au sommaire de ce n° : Fabrice Marzuolo – Pascal Dandois – Marine Gross – Julien Bielka – Xavier Le Floch – Jacques Cauda – Catherine Serre – Patrice Maltaverne – Kiko – Tom Samel – Laurent Bouisset – Jacques Merckx – Basile Rouchin – Claire Demange – Nicolas Pain – Bastien Godard – Kévin Broda – Cathy Jurado – Laurent Thines – Line Szöllösi – Eric Jaumier – Denise Dessirier – Michel Talon – Georges Cathalo – Alain Jean Macé

Images & illustrations dans ce n° de Pierre Vella, Cathy Garcia, Jean-Marc Couvé, Pascal Dandois, Georges Thierry, Chloé Landriot, Michelle Caussat, Jacques Cauda

 

Un extrait :

 

La norme

95 % de la population française
a les dents ordonnées dans sa bouche propre
moi les miennes sont vachement tordues
et se chevauchent tellement
qu’on dirait le Far-West quand je souris
mais je considère que je suis la norme

je vais plus loin
je théorise que dans l’avenir
les orthodontistes auront fait faillite
et les français iront tous voir un
désastrodontiste
qui saura foutre en l’air l’alignement
et se plaira même à sculpter
du Gaudi avec leurs dents !

pourquoi ? par mode
par contre-mode, nous dirait
Montesquieu
et puis surtout, je suis persuadé
que les 95% voudront
tôt ou tard
ressembler à moi

Laurent Bouisset

 

Le blog de la revue Traction-Brabant, c’est par ici

 

*Contact : Patrice Maltaverne, Association Le Citron Gare, appt 245, 1 rue des Couvents, 57950 Montigny Les Metz – p.maltaverne@orange.fr

 

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