Jardin(s)

jardins

56 p – 8 € – éd. Donner à Voir – dessins de Daniel Moreau

« […] Ce livre tient à la fois du refuge et du sanctuaire. Trente six poètes et un plasticien ont choisi d’y cultiver leurs arpents « les mains sur la charrue du vocabulaire » , semant qui des soucis qui des pensées sauvages pour célébrer simplement la vie, diverse et variée, fragile et entêtée, sacrée et menacée. […] »

Daniel Clérembaux

 

Les jardiniers de ce livre : Colette Andriot – Paul Bergèse – Antoine Boisseau – Dan  Bouchery – Alain Boudet – Léon Bralda – Michel Bruneau – Francine Caron – Georges Cathalo – Eve Cazala – Arlette Chaumorcel – Daniel Clérembeaux – Chantal Couliou – Gérard Cousin – Olivier Cousin – Marie Desmaretz – Jean-François Forestier – Jean Foucault – Thierry Gaudin – Erwan Gourmelen – Guillaume Guérard – Benjamin Hopin –  Valérie Huet – Patrick Joquel – Christophe Jubien – Francis Krembel – Michel Lautru – Marilyse Leroux – Béatrice Libert – Michèle Lévy – Martine Magtyar – Daniel Moreau – Nicole Olivier – Jacqueline Persini – Morgan Riet – Joël Sadeler – Jacqueline Saint-Jean – Jean-Claude Touzeil

 

Un extrait

 

En automne
Seul le brouillard s’avançait
Posant ses limites
Au-dessus du grillage

C’était ainsi depuis des années

Et puis
Pour tes dernières saisons
La toile d’araignée
Des promoteurs immobiliers
A eu raison
De ta modeste maison.

Michel Lautru

 

 

L’anthologie est dédiée à Francis Krembel, disparu récemment, qui a publié deux recueils (Claudicants et Dans l’atelier du jour ) aux éditions Donner à Voir.

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Sanda Voïca

Sanda Voïca

80 p – 14 € – éd. Lanskine

 

 Quelques extraits :

 

Aimer l’hiver,
avec sa neige haute
persistant des semaines
de l’enfance
quand elle a gardé dans ses velours
les formes pures de mon corps.
Mais lui préférer par-dessus tout l’automne,
quand seulement sa lumière
– très large cheminée –
permet l’évasion.

*

Que faire de la fille partie ?
Je la mets ici,
Je la mets là,
Jamais à la bonne place.
Je rogne les cases,
les jours et les nuits,
je grave son nom
mais il ne reste pas.
Je la repose sans fin
dans des lieux très différents
sans qu’elle y reste.
Sans place
Sans endroit.
Elle flotte
Je flotte
Nous traversons les airs
les terres
les chemins battus
et inconnus.
Nous ne sommes jamais
à notre place.

*

Je cherche l’insecte
dans les mottes de terre
que je retourne dans mon jardin.
La fille n’est plus ici
n’est plus aussi souvent dans mes rêves
n’est pas assez dans mes lignes.
Elle s’est réfugiée dans cet insecte
qui traverse les mottes
pendant que je jardine.
Je l’ai à peine vu hier
dans la terre bien noire
et aérée.
Je recherche aujourd’hui
l’insecte dans la terre :
depuis hier,
depuis deux ans,
depuis sa naissance.

Je n’ai pas perdu l’espoir
de la revoir passer –
demain je vais retourner la terre
pour les plantations d’hiver.

 

 

Un extrait d’un tout autre livre de Sanda Voïca est à lire ici sur mes chemins battus.

Je vous invite également à découvrir son site intitulé « Le livre des Proverbes nouveaux« 

 

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François-Xavier Farine

françois-xavier Farine

16 p – 4 € –  aérolithe éditions*

 

Quelques extraits :

7.
Je me souviens que Rimbaud fut le premier
à faire entrer une sorte de rêverie sensuelle
dans le corps du poème avec cet alexandrin
merveilleux :
« Par les soirs bleu d’été, j’irai dans les
sentiers » (…)

11.
Je me souviens que Rimbaud déroba des
pigments de peinture (très onéreux) chez
un marchand d’art et qu’une brute épaisse
voulut lui faire la peau. Rimbaud s’était
planté face à lui et avait lancé : « Désolé,
Monsieur… mais je ne me bats pas
avec les chevaux !« 

16.
Je me souviens que Rimbaud avait publié
Une saison en enfer à Bruxelles, à compte
d’auteur.
Au moment de recevoir tous ses
exemplaires, il n’avait pas assez d’argent
pour payer l’éditeur.
La plupart des livres sont restés dans des
ballots de toile de jute, au fond d’une cave,
en Belgique.

 

 

* Commande à : aerolitheeditions@free.fr

On peut également retrouver François-Xavier sur son blog « Le feu central » dans lequel il rend compte de ses lectures, partage de temps en temps des poèmes, des textes de son cru.

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Franck Achard

Franck Achard

66 p – 13 € – Christophe Chomant Editeur

 

Un extrait :

Il faudrait revivre l’enfance avec nos yeux d’ici, retourner dans ce lieu scellé sous les paupières du temps, et attendre. Attendre qu’il neige et bondir avant même le premier flocon, pour jouir enfin de toute la blancheur du froid. Attendre la gifle et se baisser  au tout dernier moment, laisser la main fouetter le ciel hors de nous. Attendre la fille et lui planter sur les lèvres un baiser quand elle ignore encore qu’elle nous aime. Attendre la mort et surgir en premier, emporter la proie loin des griffes de l’oubli. Attendre aussi les chutes et se relever avant le choc, les morsures et esquiver avant les crocs, les caresses et songer à les faire durer toujours. Il faudrait enfin pardonner à l’enfant que nous fûmes.

 

A découvrir ou redécouvrir le site de notre auteur, juste

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Christophe Jubien

jubien

74 p – 6 € – éd. Gros Textes

 

Un extrait :

 

La durée

C‘est la province
bonjour l’ennui

de temps en temps
la cloche d’un couvent
un chien qui aboie
des corbeaux qui croassent

me font tourner la tête
vers la fenêtre, alors j’aperçois
s’échappant d’un toit
une petite fumée grise.

Surprendre le moment
où la fumée s’évanouira
pour devenir le ciel immense

est le travail d’une vie
longue et monotone.

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Federico Garcia Lorca

Garcia Lorca

172 p – Poésie/ Gallimard

 

Extraits de son « Livre de poèmes » :

 

 Chanson de printemps

28 mars 1919
;;;Grenade

I

Les enfants sortent joyeux
De l’école.
Ils emplissent l’air tiède
D’avril de leurs tendres chansons.
Quelle allégresse au profond
Silence de la ruelle !
Un silence pulvérisé
Par des rires d’argent clair.

II

Je chemine vers le soir,
Entre les fleurs du verger,
Et laisse sur mon chemin
les larmes de ma tristesse.
Sur la colline solitaire
Un cimetière de village
Semble un champs ensemencé
Avec des graines de crânes.
Les cyprès y ont fleuri
Comme des têtes géantes
Qui de leurs orbites vides
Sous leurs cheveux verdoyants,
Méditatifs et dolents,
Contemplent l’horizon.

Avril divin, qui arrives
Chargé de soleil, de parfums,
Emplis de nids dorés
Tous ces crânes en fleur !

 

Désir

1920

Rien que ton coeur brûlant,
Rien d’autre.

Mon paradis : un champ
Sans rossignols
Ni lyres,
Un ruisseau discret,
Une simple source.

Pas de vent qui éperonne
Les frondaisons,
Ni d’étoile qui veuille
Se faire feuille.

Un jour immense
Y serait
Le ver luisant
D’un autre jour
Dans un champ de
Regards brisés.

Lumineux repos
Où tous nos baisers,
Grains de beauté sonores
De l’écho,
Iraient là-bas éclore.

Et ton coeur brûlant,
Rien d’autre.

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Vignette

Février nous offre aujourd’hui
un avant-goût de printemps.
Un temps idéal
pour prendre l’or
du soleil
et l’air marin.

En deux temps, trois virages,
nous voilà rendus sur la côte,
plongés – gaufres chantilly, joie
plein la bouche – dans la musique
incessante de la mer
et des mouettes ;;;;;;;;;;en contrepoint.
(Et l’on imagine un peu, ici,
Debussy
répondant à l’invitation des vagues
pour se joindre à la fête.)
Sur la promenade,
la foule au rendez-vous,
son chœur léger
dans le vent frais. Et s’achève
ainsi ma carte postale

que j’adresse,
d’un pied de nez,
à mes jours sans horizon
ni lumière aux commissures des lèvres.

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Francis Krembel

Francis Krembel_NEW

52 p – 7,50 € – éd. Donner à Voir

 

Un extrait :

 

Brailleries

Flots de paroles dans les radios. Solitudes coagulées par deux dans les bistrots.
Soliloques dans les portables.
Une casquette passe sur une tête qui s’étonne sans sourire à la vie puisqu’elle ne veut pas sourire. Des enfants te dépassent.
Le monde ne s’écroulera pas si tu cesses d’écrire mais tu continues parce qu’écrire est une forge et qu’il faut bien, marteler c’est vivre.

 

Francis Krembel nous as quittés récemment. Yves Artufel, qui l’a publié à plusieurs reprises , nous donne à lire et entendre des mots du poète, sur son blog, juste ici. Claude Vercey, sur le site de Décharge, publie un texte très touchant, sensible de Christophe Jubien  – écrit il y a deux ans pour Chiendents – plus précisément une lettre adressée à celui qu’il considérait comme « son frère en poésie ».

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Le berger

Famille, amis
étaient donc réunis là
dans l’église
pour rendre un dernier hommage
à mon oncle Eugène.
Comme il se doit,
il y eut des chants, des prières
et notamment cette
rituelle séance
de gymnastique
que le diacre
nous encouragea solennellement
à pratiquer tout au long de la messe.
(Sans doute était-ce
pour que nous puissions mieux endurer
cette épreuve
qu’était pour nous le froid
qui régnait sacrément dans les travées !)
Mais revenons,
non à nos moutons,
mais à ce diacre.
Celui-ci,
fort sympathique au demeurant,
a eu beaucoup de mal
à me convaincre
que mon oncle, en quelque sorte,
n’était pas vraiment tout à fait
mort,
que désormais débarrassée
de son enveloppe charnelle,
son âme (si j’ai bien compris…)
était comme promise
à un aller simple,
avec pour stewards des anges,
vers ce lieu qu’il appelle
de toute sa foi
le paradis…

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Mot à Maux

mot à maux

4 € – 48 p – photo de couverture : Daniel Brochard

 

Au sommaire de ce n° de la revue animée par le poète Daniel Brochard, des auteurs connus, chevronnés et des voix émergentes, comme on dit, qui s’y font entendre avec beaucoup de talent :

Flora Delalande – Majead At’Mahel – Olivier Delaygue – Philippe Leuckx – Louis Dubost – Patrick Williamson – Mariama Khalli – Axel Sourisseau – Hervé Martin – Gérard Lemaire – Fabrice Farre – Jean-Baptiste Pedini – Georges Oucif

 

Un extrait :

Témoignage d’un évadé (extrait)

J‘ai mis du temps avant de pouvoir assumer ma voie et mes choix, ça n’a pas été facile car il a fallu que je m’oppose et que je bouscule la bienséance générale, celle qui est étriquée dans sa peau, en manque d’ouverture d’esprit et d’éclats de rires, celles qui souffre d’une tumeur à la liberté et qui voudrait voir pendue haut et court sur la potence, toute forme d’art de vivre créatif, original et contradictoire. J’ai vécu ainsi prisonnier du désir des autres durant de longues années. Puis un jour je n’ai plus supporté. J’ai pris mon courage à deux mains, à deux pieds, et me suis évadé de la prison de la peur.

Majead At’Mahel

… et un petit autre, en version manuscrite dans la revue, de Gérard Lemaire :

/ Il y avait parfois dans les hasards
mauvais

Un dimanche après-midi au bord
du canal

A côté de minces pêcheurs à la ligne
qui semblaient dormir

Et je me disais que c’était peut-être
Tout bêtement ça la paix

Etre assis devant l’eau plate
légèrement agitée

Quand les usines s’arrêtent

Et j’imaginais ainsi une vie sans
horaire et sans haine

Quiète et sans moteur à explosions

Une journée une heure comme celle-ci

Qui s’allongeait dans la semaine

Qui ferait retrouver aux hommes
le goût des gestes lents

Et des buissons verts /

 

On peut commander ce n° en contactant par mail Daniel Brochard à l’adresse suivante : brochardda85@gmail.com

Aussi, n’hésitez pas à faire un tour sur le blog de Mot à Maux, sis juste

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