Rivière

Regard à fleur d’eau –

une cannette de bière

pour poisson d’eau douce

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Valse

source : wikipédia

Sur le bras d’Orion
de la Voie lactée,
posée là et valsant
avec l’astre Roi,
au rythme infini, noble et lent
du silence,
la Terre
a la tête
qui tourne bleu
dans les nuages ;


et la mienne aussi,
scrutant la piste dense
et prise,
éprise,
ce soir, comme demain,
entre deux
néants,
dans la spirale
de ce vertige.

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Revue Cairns n°27

Cairns n°27 – 52 p – 9 € (abonnement pour 2 n° : 15 €)*

Au sommaire :

– Edito-poème de Patrick Joquel

– Textes de : Kévin Broda – Jean-Jacques Nuel – Georges Friedenkraft – Lydia Padellec – Dalila Khamla – Jacqueline Persini – Claude Ribouillault – Alix Lerman Enriquez – Marilyse Leroux – Alain Freixe – Jacqueline Saint-Jean – Paolo Pigani -Dominique Mans – Philippe Blondeau – Morgan Riet – Fabienne Villani – Jean-Claude Touzeil – Salvatore Sanfilippo – Jean-Charles Paillet – Colette Andriot – Paul Dalmas-Alfonsi – Roland Nadaus – Jacqueline Held

– Rubrique Pour une bibliothèque idéale  – note de lecture de Patrick Joquel à propos des livres suivants :

Pour attraper le printemps – Jacqueline Held (éd. Gros Textes) – Hop hop hop je grandis – Marcella (Interéditions) – Frontières – 73 poètes (revue Bacchanales n°62 / Maison de la poésie Rhône-Alpes) – Le front brûlant de l’aube – Raoul Djimeli (éd. Les bruits de l’encre) – Amour silencieux – Kévin Broda (éd. Grinta) – La cendre de nos jours – Georges Cathalo (éd. A l’index) – Petit éloge de la lenteur – Bruno Doucey (éd. Le Calicot) – Des haïkus plein les poches – Thierry Cazals et Julie Van Wezemael (Cotcotot éditions) – A la périphérie du monde (par la ligne 13 du métro) – Thierry Roquet (éd. Gros Textes) – Chemin des poètes 2020 – anthologie des poètes du chemin (éd. Printemps de Durcet) – Léo, arrêts sur images – Jean-Claude Touzeil (éd. A l’index) – Nés arbres – Marilyse Leroux ( éd. L’Ail des ours) – Tercets du dimanche – Thierry Radière (éd. Gros Textes) – Au jardin de… – Paul Bergèse (éd. Voix tissées) – Dans les coulisses du jardin – Chantal Couliou (éd. Voix tissées) – La vie est belle – Bruno Doucey (éd. Bruno Doucey)

Quelques textes de ce n° :

Enfance majeure

J'avance sur mon chemin
Je suis toujours la même
Petite enfant
La tête dans les étoiles
Le rêve en mouvement
J'avance sereine
Dans un monde
Aux mille destins
Aux mille refrains
J'avance à petits pas
Un jour c'est un an
Un an c'est l'infini
J'avance et je me dis
J'y crois puisque c'est moi
J'y crois et j'imagine
Une terre remplie d'enfants joueurs
D'enfants rieurs
J'avance et puis j'apprends
Je crée ma vie à chaque instant
Chaque seconde me renouvelle
J'avance encore un peu
Je réalise je me projette
Je fais recette
J'avance toujours
En cueillant sur mon passage
Des idées, des rubans
Des serments
J'avance et je fais mon bilan
Toutes ces années vécues
Savourées, une par une
Je les ressens encore
Comme si c'était hier
Je les ressens et j'en suis fière
Aujourd'hui, c'est un peu hier
C'est un peu demain
Et tout va bien.

                 Dalila Khamla



En cachette

Je joue à la balle en cachette
Face au mur de mes évidences
Je saute aussi à cloche-pied
Mais sans quitter jamais le sol
Je bave aussi mais par plaisir
Je fais des bulles de salive
Je me promène à quatre pattes
En chantonnant des âneries
Et si jamais quelqu'un survient
Je fais semblant d'avoir perdu
Un objet ou un document
Mais je sais bien ce que je cherche...


              Claude Ribouillault



Sur vos traces je suis allée
A travers les arbres et les herbes folles
Un pied chaussé de lichen
L'autre de lierre

J'ai glissé dans un rêve de fougère
Le nez dans l'humus frais
Et les empreintes de lièvres
L'enfant que j'étais ne s'est pas relevée

L'enfant que j'étais a rempli sa bouche
De silence vert tendre
L'enfant que j'étais a remonté jusqu'aux joues
Un voile de vent et de confiance

A mon réveil vous étiez tous là
Filles et garçons
Visages de muscaris et boutons d'or
Dans le pollen du futur

                 Paola Pigani


*Cairns est édité par les éditions de la Pointe Sarène ( 5 traverse de l’orée du bois – 06370 Mouans-Sartoux) et les éditions associatives Gros Textes (Fonfourane – 05380 Châteauroux les Alpes)

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Georges Cathalo

48 p – 8 € – éd. Henry

Quelques extraits :

Randonnée

                  à Marie-Claude


ensemble nous partons
sans trop savoir où nous allons

où nous mènent nos pas
nous ne le savons pas

alors on se met à parler
tout doucement tout doucement
pour mieux glisser par les sentiers
sous une voûte de chênes

et c'est comme une sonate des âmes
qui s'élève lentement
avec ses pauses et ses silences
avec sa douce mélodie
de ce qui est enfin trouvé.
Voyage

                   à Michel Dunand

tu feras le tour du monde
en jet en paquebot

tu partiras en voyage organisé
au-delà des brouillards

tu te brûleras les ailes
aux feux des continents lointains

tôt ou tard tu reviendras

apaisé épuisé
tu feras le chemin inverse

tu auras longtemps cherché
sans jamais rien trouver

y-a-t-il quelque chose à trouver ?
Etal

             à Lydia Padellec


derrière son étal bleu
son sourire
ses rêves d'oiseau

et puis ses petits livres
finement ciselés
préservés des ravages du vent
par divers coquillages

moineau égaré
sur la place aux poètes
elle pèse chacun de ses gestes

elle glisse des origamis
de grues cendrées
entre deux pages

afin que le Japon s'invite
lui aussi à Sète.
... et la belle surprise de me retrouver parmi tous ces bruissements amicaux et fraternels qui composent le recueil de Georges :




Nouveauté

          à Morgan Riet


vous pouvez être rassurés
tout n'est pas perdu à jamais

de jeunes loups sans prétention
viendront bientôt vous bousculer
en perturbant vos habitudes

ils calmeront vos névroses
jetteront vos totems aux orties

ils inventeront du nouveau
de l'inédit du jamais-vu

avec leurs outils si bien aiguisés
ils trancheront net vos petites ambitions.

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« Ou serait-ce autre chose ? » lu et vu par Patrick Joquel

Titre : Ou serait-ce autre chose ?

Auteur : Morgan Riet

Plasticien : David Lemaresquier

Editeur : Christophe Chomant éditeur

Année parution : 2 020

Un beau livre encarté. C’est assez rare pour être souligné. Il faut s’installer confortablement pour soulever les pages, les poser, continuer la découverte. Un livre qui installe ainsi son propre silence.

Pages paires, un poème ; impaires une image. Une poésie sensuelle, voire érotique ; toute en douceur, ensoleillée. On se love dans cet ouvrage et on reprend à son tour le refrain hypnotique titre :

 ou serait-ce autre chose ? 

on ne sait rien, on approche ; on est sur le seuil. Presque. La poésie, c’est aussi cela : cette tentative de se tenir au plus près de… mais avec toujours cet instant de faille dans la langue qui retient à l’orée. Le poème est ce pas suspendu et jamais posé vers… sur…

un livre, poème d’amour, d’amoureux, de désir. La poésie, c’est aussi cela. Le romantisme et la séduction, le musement du désir amoureux ; cet état de… presque…

ou serait-ce autre chose ?

Note de lecture de Patrick Joquel (octobre 2020)

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Anne Sexton

 

 

 

 

 

 

 

 

 

132 p – 17 € – éd. Revue A l’Index – collection « Le Tire-langue » *

 

Extrait :

 

Jeune

Il y a un millier de portes
quand j’étais une gosse solitaire
dans une grande maison avec quatre
garages et que c’était l’été
autant que je puisse m’en souvenir,
je m’allongeais sur la pelouse le soir,
les trèfles se froissant sous mon poids,
les étoiles, présences sages, se couchant au-dessus de moi,
la fenêtre de ma mère, une cheminée
d’où s’échappait une chaleur jaune,
la fenêtre de mon père, mi-close,
un oeil où passent les dormeurs,
et les planches de la maison
étaient lisses et blanches comme la cire
et un million de feuilles peut-être
flottaient sur leurs étranges tiges
tandis que les grillons stridulaient en choeur
et moi, dans mon corps flambant neuf
qui n’était pas encore celui d’une femme,
je posais aux étoiles mes questions,
croyant que Dieu pouvait réellement voir
la chaleur et la lumière peinte,
coudes, genoux, rêves, bonne nuit.

 

* Pour commander ce livre : Association « Le Livre à Dire » – 11, rue du stade – 76133 Epouville

 

Pour découvrir le parcours de cette poète, je vous invite à consulter le fameux wikipédia

 

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Salons de coiffure

Qui n’a jamais porté
un regard amusé
sur quelques-unes
de leurs enseignes

me jette la première mèche !

Sérieusement,
qui parmi nous
n’a pas, un jour, à ce sujet,
esquissé au moins
un sourire en coin,
au détour d’un carré
plongeant ou d’un brushing,
ou bien encore
d’une simple coupe à ras ?
Qui, hein ?

On se demande bien …

A l’évidence
il y a fort à parier
qu’on trouvera soudain
le jeu de mots,
si fièrement inscrit
en haut de devanture,
beaucoup, mais beaucoup moins
(osons le dire)
tiré par les cheveux,
si l’on ressort de là

client comblé.

Hélas,
il en va peut-être
tout autrement
pour quelques chauves
dont la plaisanterie
imitée, répétée, reproduite à l’envi,
de bourg en bourg,
de ville en ville,
vient parfois remuer, à la longue,
le couteau dans le cuir

déchevelu.

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Wystan Hugh Auden

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

60 p – 9 eurosChristian Bourgois éditeur – Traduit de l’anglais par Gérard-Georges Lemaire et Jean Lambert – Photo de couverture : Hugh Grant dans le film « Quatre mariages et un enterrement »

 

Un extrait :

Chant funèbre

Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,
Jette un os juteux au chien pour qu’il cesse d’aboyer,
Fais taire les pianos et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.

Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes
Griffonnant sur le ciel ce message : Il est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l’agent de la circulation.

C’était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos,
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durait pour toujours : j’avais tort.

On ne veut plus d’étoiles désormais ; éteins-les toutes ;
Emballe la lune et démonte le soleil,
Vide l’océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine.

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« Ou serait-ce autre chose ? » dans la revue Décharge

Note de lecture de Jacques Morin dans la revue Décharge (septembre 2020 – n°187)

Pour se procurer le recueil, c’est par ici

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Nouvelle étape

pour Jeanne.

Direction Rouen
pour ta rentrée des classes.
Rouen qui me semble
tout à coup,
au regard de mon échelle
émotionnelle,
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;à l’autre bout du monde.

Et maintenant que là-bas
tu vas prendre un peu plus le large,
mes erreurs, mes ratés,
mes oublis, mes manques,
mes décalages
lunaires
me reviennent
pile
en pleine
face

et au point –
à peine plus tard et loin de toi,
sur la route du retour –
de redoubler
de larmes
au moindre virage

du coeur.

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